Par
Samuel Sauneuf
Publié le
26 nov. 2025 à 19h19
La venue de Jordan Bardella à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), dimanche 23 novembre 2025, n’en finit plus de faire parler. Le leader du Rassemblement national a réussi le tour de force de réunir plus de 1 500 fans dans la cité corsaire. Des admirateurs, pas vraiment du coin et souvent venus de loin, pour une dédicace et un selfie.
À quelques dizaines de mètres de là, sur la chaussée du Sillon, plus de 200 personnes étaient réunies pour manifester contre l’extrême droite. Sous la surveillance de dizaines de policiers et maintenues par un barrage de CRS à distance de l’hôtel Oceania où Bardella recevait ses sympathisants, le peloton des manifestants s’est soudainement éparpillé après l’explosion d’une grenade de maintien de l’ordre.
Six blessés selon la ligue des droits de l’Homme
On a alors vu deux personnes âgées de 76 ans et un homme d’environ une trentaine d’années, secourus par d’autres manifestants, avant d’être pris en charge par les pompiers pour des blessures légères aux pieds, aux chevilles et aux mollets.
« Aujourd’hui nous comptons six blessés, dans leur quasi-intégralité des personnes âgées, qui ont été touchées aux membres inférieurs par des éclats de grenade. Une Malouine de plus de 75 ans a vu sa chaussure être littéralement transpercée par un fragment tandis que plusieurs personnes se sont plaintes d’avoir perdu une partie de leur audition », déplore dans un communiqué Camille Tap, présidente de la section Saint-Malo et Pays Malouin de la ligue des droits de l’Homme, qui était également présente à la manifestation.
Pourquoi ?
Par qui et surtout pourquoi cette grenade a-t-elle été jetée au milieu des manifestants ? Trois jours après les faits, on ne sait toujours pas ce qu’il s’est précisément passé. Contactés, les services de la préfecture d’Ille-et-Vilaine et de la direction interdépartementale de la police nationale restent muets. Des policiers nous ont dit sur place avoir été la cible de cailloux. Une autre source, au commissariat, explique « qu’un CRS a été frappé au casque à l’aide d’une barre de fer ». Mais aucune prise de parole officielle ne vient encore étayer ces propos.
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La ligue des droits de l’Homme a, pour sa part, une autre version de ce dimanche de triste mémoire. « La manifestation contre l’extrême droite avait été autorisée par la préfecture jusqu’à la limite du bâtiment du Palais du grand large. Contrairement aux affirmations colportées sur les réseaux sociaux par des comptes d’extrême droite, elle s’est déroulée dans le calme. C’est le cordon de police placé en amont du parcours autorisé qui a provoqué des heurts mineurs. En réponse, les CRS ont fait un usage disproportionné de la force en lançant une grenade assourdissante en plein milieu de la foule. Ce tir a été enregistré en vidéo et montre clairement un lancer en cloche, ce qui est à la fois non-réglementaire et dangereux, la grenade pouvant exploser au niveau du visage. Le policier responsable a donc mis en danger la vie des manifestants pacifiques en toute connaissance de cause. »
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En conséquence, la LDH exige « des explications de la part des autorités responsables sur ce dispositif de répression (préfet et sous-préfet). La police doit être républicaine. Elle doit respecter les lois. Une plainte est en cours de constitution. »
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