Par
Lisa Rodrigues
Publié le
27 nov. 2025 à 14h17
Sale temps pour les églises à Grenoble. Alors que celle de Saint-Luc sur l’Île Verte vient de fermer définitivement ses portes pour raisons financières, celle de Saint-Jean, à deux pas du boulevard Joseph-Vallier, prend l’eau.
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Construite en 1965 et reconnaissable à sa forme de chapiteau, elle n’en est pas à son premier problème de fuite. « Il a fallu refaire complètement la toiture dès 1979 », rappelle Thierry Lasjaunias, économe paroissial. Or, le matériau utilisé à l’époque, du bardeau d’asphalte, « n’est plus étanche ».
« Il y a quelques endroits où ça peut goutter »
La première alerte est parvenue à la paroisse il y a quelques années et « c’est depuis environ un an qu’il y a des infiltrations dans l’église, surtout quand il y a des grosses pluies« .
Pour le moment, ces infiltrations se cantonnent à « ruisseler sur les murs de l’église« , mais « il y a aussi quelques endroits où ça peut goutter, hors des lieux de passage », assure le paroissien. Le risque majeur est, à terme, de fragiliser la charpente qui, elle, « est en bon état ».
L’idée, c’est de remplacer le matériau par des plaques de zinc, qui sont censés durer 100 ans. Ce chantier relève de l’urgence, mais on sait qu’il va être long, complexe, et va coûter très cher.
Thierry Lasjaunias
Économe paroissial à Grenoble
Un appel aux dons
La facture s’élève aujourd’hui à 1,3 million €, alors que les ressources du diocèse sont limitées.
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Si le chantier était en 2024 éligible à des subventions du Département de l’Isère au titre de la préservation du patrimoine – l’église étant classée « Patrimoine remarquable du XXe siècle » –, lesdites subventions ont été gelées en début 2025. « C’était une source de financement importante, environ 40% du budget », souffle Thierry Lasjaunias.
Alors, avec le soutien logistique de la Fondation du Patrimoine, la paroisse a lancé un appel aux dons à destination des particuliers. La souscription, ouverte depuis deux ans, « n’est pas encore arrivée au niveau espéré ». Le mécénat des entreprises peine lui aussi à décoller.
Trouver d’autres rentrées d’argent
Une dernière possibilité existe : vendre une partie du patrimoine immobilier de la paroisse. « Ce n’est pas facile, ça prend beaucoup de temps et ça ne suffira pas » à couvrir les dépenses, insiste l’économe paroissial.
Des discussions sont, par exemple, en cours pour céder l’Espace Saint-Bruno, fermé depuis le 1er janvier, à l’association d’habitants derrière le projet de centre de santé du quartier. « Si on ne cherche pas à le garder, c’est qu’il doit être rénové » et mis aux normes, explique le paroissien. Chose impossible à réaliser aujourd’hui.
Un début des travaux en 2027
En attendant, les messes et célébrations continuent de se dérouler à l’église Saint-Jean. Célébrations qui seront maintenues pendant le chantier de rénovation, assure la paroisse. « Les travaux seront surtout à l’extérieur. »
Dans l’idéal, il faut que ce chantier démarre « dans les deux ans au plus tard », soit en 2027, dernier délai. « On ne peut pas attendre indéfiniment« , insiste Thierry Lasjaunias.
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