Publié le
27 nov. 2025 à 17h20
Lancée depuis plusieurs années, la vente de bien jugés non utiles dans le patrimoine communal se poursuit au fil de l’eau dans la Ville rose. À l’occasion d’une session du conseil municipal, mercredi 26 novembre 2025, la mairie de Toulouse a entériné la cession au privé de deux golfs qui étaient, jusqu’ici, dans le domaine public. Ce qu’il faut savoir sur ce dossier.
Deux golfs municipaux… en dehors de Toulouse !
La vente avait été entérinée par la mairie en novembre 2024. Un an plus tard, c’est acté. Si plusieurs hypothèses ont été étudiées, la collectivité a finalement décidé de sortir du service public ces deux golfs à « la situation financière saine » et de les vendre à un acteur privé. Deux golfs qui, paradoxalement, sont situés… dans d’autres communes.
Sur 57 hectares, celui de Téoula est à Plaisance-du-Touch. Il comprend un parcours 18 trous, un practice, divers bâtiments et services, ainsi qu’un parking de 2 700 m². Celui de la Ramée, qui fait 61 hectares, est implanté à Tournefeuille. Il est doté d’un parcours 18 trous, d’un autre de neuf trous, avec mini-golf, corps de ferme, divers bâtiments, ainsi qu’un parking de 6 400 m².

Le golf de Téoula, situé à Plaisance-du-Touch, hors Métropole, est à ce jour propriété de la mairie de Toulouse (©Google)Rapporter l’équivalent de 37 années de redevance
Tous deux étaient jusqu’ici exploités par la société UGolf sous concession, en contrepartie d’une redevance versée à la mairie.
L’opération de vente permettra de rapporter plus de 10 millions d’euros à la municipalité : dans le détail, 4,77 millions pour Téoula et 5,83 pour La Ramée, soit l’équivalent de « 37 années de redevance », souligne Sacha Briand, l’adjoint en charge des Finances.
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La mairie ne veut plus de golfs municipaux
Pourquoi la municipalité de Toulouse se sépare-t-elle de ses golfs ? « L’intervention de la mairie dans l’organisation de l’activité golfique n’apparaît plus pertinente », dit la collectivité, qui veut aussi « prendre en compte pour les années à venir l’impact écologique » de ce sport et « souhaite privilégier la promotion d’activités plus respectueuses de l’environnement ou plus inclusives ».
« Nous vendons, car c’est rare qu’une collectivité possède des golfs, d’autant plus que l’un d’entre eux n’est même pas situé sur le territoire de la Métropole », expliquait au printemps Pierre Trautmann, adjoint au maire en charge de la commande publique.
« Cela immobilise un patrimoine », dit l’adjoint aux Finances
« La mairie était à l’origine de la création de ces golfs, dans les années 80, considérant à l’époque que cela contribuerait à l’attractivité de la Métropole, mais aujourd’hui, cela immobilise un patrimoine que l’on préfère à consacrer à nos compétences essentielles », assume Sacha Briand. « Nous avons reçu une offre intéressante, comparativement à la redevance perçue ».
Cela restera des golfs pendant 20 ans au moins
Et si au printemps dernier, des riverains s’étaient émus de cette vente, craignant que le foncier cédé ne donne lieu à de vastes opérations immobilières, la mairie exclut toute bétonisation du site, et avance deux arguments.
Primo, ces deux golfs resteront des golfs… pour deux décennies au moins. Le nouveau propriétaire s’est en effet engagé à investir pour rénover les sites, mais aussi à maintenir cette activité pendant 20 ans.
Secundo, la collectivité fait valoir que les fonciers concernés sont classés en zone naturelle et qu’ils seront, à ce titre, protégés par le prochain PLUi-H (Plan local d’urbanisme intercommunal et d’habitat) qui doit être voté le 18 décembre prochain en conseil de Métropole.
« En somme, même au bout de 20 ans », assure Sacha Briand, « ces terrains ne seront pas constructibles, car avec la loi ZAN, ils n’ont aucune vocation à être urbanisés ».
« Cela sert à une seule chose : rentrer de l’argent », pour l’opposition
Les différents groupes d’opposition se sont prononcés contre cette nouvelle vente de biens publics. « On a là des espaces verts de 120 hectares, qu’il faut à tout prix préserver avec l’expansion future de la Métropole », avance Maxime Le Texier, co-président du groupe AMC (Alternative municipaliste citoyenne). L’élu aurait voulu conserver ces sites dans le giron public : « Ces deux golfs génèrent une activité excédentaire, avec 250 000 euros de bénéfices par an. Pourquoi s’en séparer ? La majorité nous assure que la maîtrise du foncier est ficelée, mais on prend des risques ».
C’est une vente dont on devrait se passer. Elle est destinée à une seule chose : rentrer de l’argent dans les caisses, parce qu’on a un métro ou des caméras à financer.
Maxime Le Texier
À l’issue des deux concessions en vigueur (septembre 2026 pour l’un, décembre 2027 pour l’autre), ces deux vastes sites tomberont dans l’escarcelle du privé et du groupement constitué d’UGolf SAS-Patrimoine et Golf 3, qui a été retenu par la collectivité.
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