Au lendemain de l’attaque contre deux soldats de la Garde nationale près de la Maison Blanche, la procureure de Washington a identifié le suspect comme étant Rahmanullah Lakanwal, un ressortissant d’Afghanistan de 29 ans arrivé sur le territoire dans le cadre d’un programme d’accueil des Afghans ayant collaboré avec les forces américaines sur place.
Les États-Unis ont-ils rapatrié un terroriste afghan sur leur territoire ? C’est la question posée par l’administration américaine après l’attaque à l’arme à feu qui s’est déroulée ce mercredi 26 novembre, près de la Maison Blanche, où deux membres de la Garde nationale ont été grièvement blessés.
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Ce jeudi, le directeur du FBI, Kash Patel, a confirmé l’ouverture d’une « enquête en cours pour acte de terrorisme ».
Cela fait suite à la description du profil du suspect réalisée par la procureure de Washington, Jeanine Pirro. Cet homme, identifié comme Rahmanullah Lakanwal, est un Afghan de 29 ans qui était sur le territoire américain grâce à un programme d’accueil, a confirmé la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem.
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Développé par l’administration Biden et maintenu sous Trump
Celui-ci, appelé « Allies Welcome » (Bienvenue aux alliés, en français), avait permis à des personnes ayant collaboré avec les forces armées américaines en Afghanistan d’être accueillies aux États-Unis. Une opération qui avait été mise en place par Joe Biden, en août 2021.
Rahmanullah Lakanwal serait ainsi arrivé sur le sol américain le 8 septembre 2021. Par la suite, il a fait une demande d’asile en 2024 qui a été accordée cette année, sous l’administration Trump.
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Ce programme ne garantissait toutefois pas aux ressortissants afghans d’obtenir la « green card ». Les plus de 190.000 personnes qui y étaient admissibles avaient une autorisation de territoire pour deux ans. Selon le Département de la Sécurité intérieure, plus de 40% d’entre eux étaient également éligibles au Visa spécial d’immigration (SIVs) pour avoir « pris de grands risques pour aider les États-Unis ».
Face au nombre de profils à intégrer, le programme « Allies Welcome » a été renommé « Enduring Welcome » (Bienvenue aux permanents, pouvant aussi se traduire en Bienvenue aux persistants) pour se concentrer sur leur intégration à long terme dans le pays.
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Plus de 260.000 demandeurs d’asile afghans en 4 ans
Depuis 2021, ce sont plus de 260.000 Afghans qui ont procédé à une demande d’asile aux États-Unis, selon Shawn VanDiver, président de l’organisation AfghanEvac, une organisation qui vient en aide aux réfugiés d’Afghanistan à travers le monde. Des habitants, opposants politiques ou encore journalistes ont fui le pays face à la menace de persécution des talibans.
Le programme se retrouve désormais dans le viseur de Donald Trump. Ce mercredi, il a accusé Joe Biden d’avoir fait rentrer « 20 millions d’étrangers inconnus et non contrôlés » sur le sol américain. Il a également appelé à une réexamination des dossiers de chaque personne ayant profité des programmes « Allies Welcome » et « Enduring Welcome ».
Dès lors, les services d’immigration et de citoyenneté ont annoncé, dans une publication sur X, une suspension de toutes les demandes d’asile en provenance d’Afghanistan « indéfiniment dans l’attente d’un examen plus approfondi des protocoles de sécurité et de vérification ».
Une décision qui a fait bondir les Nations unies. Arafat Jamal, à la tête de l’agence de l’ONU pour les réfugiés en Afghanistan, s’est dit « un peu inquiet » de voir « tous les articles qui insistent constamment sur le fait qu’il est d’origine afghane ». Pour lui, la fusillade à Washington « ne devrait pas » être une raison pour l’administration de Trump de devenir sur sa politique migratoire.