Le rapport d’expertise, que « Sud Ouest » a pu consulter, met les pieds dans le plat : « L’amélioration de la situation, qui exige réglementairement d’obtenir au minimum un gain de l’émergence perçue de 3 dBA [en décibels, une valeur utilisée pour l’évaluation des bruits environnementaux, ce qui revient à diviser par deux le bruit, NDLR], pourrait être obtenue en réduisant le nombre de clients reçus en simultané sur les différentes terrasses, ou en réduisant la durée d’apparition des bruits nuisants (ce qui revient à avancer les heures de fermeture), ou les deux. »

Plus précisément, est-il noté plus loin, « le respect des seuils réglementaires pourrait être envisageable en limitant le nombre des clients reçus sur l’ensemble des terrasses à moins de 100 en simultané et en avançant l’horaire de fermeture des terrasses extérieures à minuit », contre 2 heures aujourd’hui. Une doléance relayée par des associations de riverains depuis plusieurs années.

« Un tournant »

« Le pire est probablement le bruit nocturne à une heure avancée de la nuit, à 2 heures du matin, lors de la fermeture des terrasses et le départ des clients qui entraîne quasiment chaque nuit des éclats de voix de personnes alcoolisées, voire des altercations », décrit Alban Colomès, à l’initiative de la requête devant le tribunal administratif. « Ces bruits interrompent notre sommeil et nous mettons du temps à nous rendormir et à retomber dans le sommeil profond dans lequel nous étions. Ils nous contraignent à mettre systématiquement des boules Quies, à dormir fenêtres fermées même en été, ce qui est une véritable épreuve sous les toits, au dernier étage. »

« Ces bruits interrompent notre sommeil et nous mettons du temps à nous rendormir »

Chiffres à l’appui, l’expert va jusqu’à remettre en question l’espace « réellement occupé » par les tables et considère « utile que des patrouilles régulières de la police municipale puissent tempérer la ferveur des clients les plus excités, notamment aux heures de fermeture et ensuite lors de leur dispersion ». Et d’ajouter : « Lors des deux nuits sur place des 22 septembre et 8 octobre 2022, je n’ai pas constaté la moindre présence dissuasive dans ce sens. »