
Zeus à Nantes
Crédit : Margot Douétil
Il a marqué les esprits du monde entier : en juillet 2024, Zeus, son cheval mécanique, remontait la Seine sous les yeux d’un milliard de téléspectateurs. Mais derrière ce succès planétaire, Aurélien Meyer revendique une identité ancrée à l’Ouest. Originaire de Loire-Atlantique et formé à Quimper puis à Nantes, le designer puise son inspiration dans les paysages, les lumières et les matières de Bretagne et du Pays de la Loire.
Son atelier nantais, Blam, est aujourd’hui l’un des plus importants studios de création en France, regroupant designers, ingénieurs et artisans. Une équipe qui travaille dans un esprit collectif, mais toujours guidée par ce lien intime au territoire.
Zeus, la pièce qui a tout changé
Lorsque Zeus surgit sur la Seine lors de la cérémonie d’ouverture des JO, c’est un séisme artistique. L’œuvre traverse les frontières, attire un million de visiteurs au Mont-Saint-Michel, puis fait sensation à Nantes lors de son retour sur son trimaran… construit à Quiberon.
Cette machine poétique est devenue un emblème, un totem mêlant innovation technique, artisanat local et imaginaire breton. Un succès qui a propulsé Meyer au rang de Meilleur ouvrier de France « honoris causa » et chevalier de la Légion d’honneur.
Un trophée façonné comme une pièce d’histoire
Pour les Victoires de la Bretagne 2025, le créateur signe un objet profondément symbolique. Le trophée mêle des fragments de son parcours : L’aluminium issu de Zeus et de la vasque olympique, le bronze provenant de travaux réalisés pour la Collection Pinault et le cristal né d’une collaboration avec la maison japonaise Tasaki
Ce mélange raconte une trajectoire : celle d’un artiste du grand Ouest qui dialogue désormais avec les grandes maisons internationales. La forme et les teintes rappellent le « glaz », ce bleu-vert si typique de l’océan breton, entre vent, lumière et vagues.
Un parcours nourri par le Finistère, la Loire et les rencontres
Le designer aime rappeler ses racines : un père ébéniste près de Saumur qui lui transmet le goût des matières, des années d’apprentissage aux Beaux-Arts de Quimper puis de Nantes, les encouragements de Josep Grau-Garriga, les amitiés créatives avec les frères Bouroullec ou la Compagnie de la Machine.
Son inspiration naît souvent au pied des falaises du Finistère, où il séjourne régulièrement. Il y puise ce rapport au temps, à la nature, à la force des éléments, qu’il transpose ensuite dans des œuvres parfois monumentales, parfois d’une délicatesse proche de l’orfèvrerie.
Entre Bretagne et monde entier : la prochaine étape ?
Aurélien Meyer ne compte pas s’arrêter. Il rêve d’emmener Zeus jusqu’au port de New York, d’explorer l’horlogerie, d’imaginer des pièces plus intimes, « plutôt œuf de Fabergé qu’Imoca », dit-il. L’artiste évolue entre deux mondes : la puissance du geste monumental et la précision du détail absolu.