28 novembre 2025

Aujourd’hui, 28/11/2025, Paris est devenue l’épicentre de la solidarité internationale avec le Sahara Occidental. L’inauguration de la 49e EUCOCO n’a pas été une simple cérémonie protocolaire : ce fut une journée de prises de position fermes, de critiques directes contre la France pour son rôle historique dans le conflit, et de renouvellement des engagements politiques, diplomatiques et sociaux en faveur du peuple sahraoui.

La conférence, qui réunit chaque année des délégations internationales, des organisations sociales, des partis politiques, des syndicats, des juristes, des universitaires et des associations de solidarité, a débuté avec un message politique sans ambiguïté : l’occupation marocaine ne se maintient pas sans le soutien explicite de Paris, et ce soutien doit cesser si la France veut être fidèle à ses propres principes républicains.

La France pointée comme pilier du soutien à l’occupation marocaine

Le discours inaugural du Premier ministre sahraoui a donné le ton. Il a exigé que la France rectifie enfin sa position sur le Sahara Occidental, l’accusant de trahir les principes fondateurs de la République — Liberté, Égalité, Fraternité — tout en soutenant de facto la présence marocaine dans un territoire encore en attente de décolonisation.

Il est allé plus loin en affirmant que « sans le soutien explicite de la France, le royaume du Maroc n’aurait pas pu maintenir son occupation de notre pays », un constat largement partagé par les participant·e·s.

Ce n’était pas une intervention isolée : plusieurs orateurs ont souligné que la publication tardive et ambiguë de la résolution 2797 du Conseil de sécurité révèle, une fois encore, le bras de fer au sein des Nations unies entre les défenseurs de la légalité internationale et ceux qui tentent de l’accommoder aux intérêts géopolitiques du Maroc et de ses alliés.

La résolution 2797 et la force de la résistance sahraouie

Le président du Comité belge de soutien au Sahara Occidental, Pierre Galant, a rappelé que la récente résolution 2797 du Conseil de sécurité, malgré ses formulations problématiques en arabe et la tentative de diluer la référence à « deux parties », met en évidence la force du peuple sahraoui face aux tentatives visant à modifier la nature juridique du conflit.

Galant a souligné que la bataille diplomatique se poursuit, mais qu’aucun gouvernement ni organisme international ne peut ignorer l’essentiel : le Maroc ne possède aucune souveraineté sur le Sahara Occidental, et les Sahraouis restent les seuls titulaires du droit de décider de leur avenir.

Le Parlement français présent et sans détour

L’une des interventions les plus applaudies a été celle du député du PCF Jean-Paul Lecoq, défenseur historique de la cause sahraouie. Il a rappelé que « nul ne peut déterminer le destin du Sahara Occidental si ce n’est le peuple sahraoui lui-même », et dénoncé le fait que toute proposition fondée sur l’autonomie marocaine n’est qu’une tentative de consolider l’occupation.

Lecoq a insisté : la France doit abandonner l’ambiguïté calculée qui caractérise sa politique étrangère sur ce dossier et agir en conformité avec le droit international et les valeurs qu’elle prétend défendre.

Le Front Polisario réaffirme son mandat et ses moyens de lutte

Dans son message à la plénière, le Front POLISARIO a réaffirmé son statut de représentant unique et légitime du peuple sahraoui, tel que reconnu par les Nations unies. Il a rappelé qu’il prendra toutes les mesures nécessaires et utilisera tous les moyens légitimes que lui confère le droit international pour défendre les droits inaliénables du peuple sahraoui, y compris sa souveraineté sur son territoire et ses ressources naturelles.

Cette déclaration, ferme mais inscrite dans le cadre légal, a été perçue comme une réaffirmation du mandat exercé par le Polisario depuis 1973 et comme un avertissement face aux tentatives de reformulation du conflit au moyen de concepts destinés à blanchir l’occupation.

Une EUCOCO qui s’ouvre dans un climat hautement politique

Cette première journée de la 49e EUCOCO confirme que cette édition sera particulièrement politique. Le contexte — bras de fer à l’ONU autour de la résolution 2797, bataille européenne sur l’étiquetage des produits sahraouis, soutien croissant d’Amérique latine, et éveil du mouvement syndical européen — fait de Paris une plateforme stratégique où se mesure le rapport de forces diplomatique du conflit.

L’EUCOCO s’ouvre ainsi sur deux jours de travail, d’ateliers et de coordination internationale avec un message central :
ni l’occupation ni le silence diplomatique ne peuvent occulter le fait que seul le peuple sahraoui a le droit de décider de son avenir, et que la communauté internationale doit mettre fin à des décennies d’impunité et de complicité.

Carlos C. García – PLATEFORME « N’oubliez pas le Sahara Occidental »

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