C’est la fin d’une aventure très forte en émotions pour Sonide et Raphaël. Le frère et la sœur de cette saison glaciale de « Pékin Express » au Kazakhstan ont été éliminés à l’issue de la quatrième étape diffusée ce vendredi, sur M6, juste avant les quarts de finale. Le duo n’a pas fait le poids face aux Bruxelloises Nathalie et Charlotte lors du duel final.

« J’ai énormément culpabilisé, confie Sonide. Je me disais que c’était le seul moment de ma vie où mon frère ne pouvait compter que sur moi. J’ai eu terriblement peur de le décevoir. Mais au final, j’ai vu que ce n’était pas le cas et qu’il était très fier de nous et de notre aventure. »

C’était aussi la première fois que Sonide et Raphaël passaient autant de temps tous les deux. Nés en Haïti du même père, cette sœur et ce frère n’ont pas grandi ensemble, adoptés chacun de leur côté à l’âge de 3 ans.

« Nos familles ne nous ont jamais caché que l’autre existait »

Sonide et Raphaël sont venus au monde la même année, en 2000. « C’était à quelque mois d’écart mais on est tous les deux nés un 7 », explique Sonide, aujourd’hui âgée de 25 ans. Quand on lui demande qui est l’aîné, elle répond, non sans une petite pointe de fierté, que c’est elle. « Il faut le préciser car elle dort mieux la nuit après ! », s’amuse illico son frère. Joints par 20 Minutes au téléphone et séparés l’un de l’autre par des centaines de kilomètres – Sonide est ergothérapeute dans le Jura, Raphaël, paysagiste à Marseille –, la complicité du duo n’en est pas moins palpable.

De leurs premières années de vie partagées dans un orphelinat, seuls quelques souvenirs leur reviennent. « Des bribes qui se confondent entre des rêves et la réalité », relate Sonide. « Des repas à manger dans le même bol que tout le monde, sur des tables rondes… », ajoute Raphaël.

C’est à l’âge de 3 ans que chaque enfant est adopté par deux familles françaises différentes, la petite fille en Bretagne, le petit garçon dans le sud de la France. Ils grandissent ainsi chacun de leur côté jusqu’à l’âge adulte.

« Je n’ai pas la sensation d’avoir vraiment eu cette notion de séparation avec mon frère. C’est ça que les gens ont du mal à comprendre, observe Sonide. Ils trouvent notre histoire triste alors qu’elle ne l’est pas. Je ne pense pas qu’on a souffert du manque de l’un et de l’autre pendant quatorze ans. En même temps, on savait qu’on existait, nos familles ne nous l’ont jamais caché. »

« J’espérais qu’on s’engueule un peu ! »

C’est à l’âge de 17 ans que Sonide décide de contacter Raphaël après un voyage en Haïti pour « renouer avec ses racines » et découvrir « d’où elle vient » : « J’ai rencontré notre papa et j’ai eu un moment où je me suis dit « mais oui, j’ai un frère ! » Je sentais que ça tenait aussi beaucoup à cœur à notre père qui était très malade à ce moment-là. »

La jeune femme décide alors de contacter Raphaël. « Elle a pris la décision de m’appeler, tout simplement, parce que sa mère a toujours gardé le numéro de la mienne. On est resté au téléphone pendant quatre heures à se raconter nos vies, à se montrer des photos et à apprendre un petit peu à se connaître pour commencer », se remémore le jeune homme.

Quelques mois plus tard, le frère et la sœur se rencontrent une première fois. « C’était incroyable. On s’est fait un câlin comme si ça faisait deux semaines qu’on ne s’était pas vus », se souvient Sonide. Ils se revoient à plusieurs reprises, une fois par an environ, jusqu’à ce que Sonide propose à Raphaël un projet commun pour vivre une « expérience forte » ensemble : « Pékin Express ».

Le jeune homme accepte sans hésiter. « J’étais très confiant en ma sœur et en la personne qu’elle est, dit-il. Je me suis dit qu’elle était comme moi. On ne pouvait que très bien s’entendre et réussir dans l’aventure. »

Un sentiment partagé par Sonide. « Mieux : j’espérais qu’on s’engueule un peu ! On ne sait pas ce que c’est de s’engueuler en tant que frère et sœur », s’amuse-t-elle.

Le calme et la tempête

Le ton n’est pas monté – ou très peu – entre le frère et la sœur durant les quatre étapes de leur aventure au Kazakhstan. Au contraire, on retient de leur course de franches rigolades et une belle complicité. Si Raphaël a découvert la « force » et le solide mental de sa sœur, Sonide, elle, a trouvé chez son frère une quiétude à toute épreuve. « Il est le calme et moi la tempête. Je me suis rendu compte à quel point il m’a vraiment soutenue. A chaque fois, il avait toujours le mot pour me calmer, me rassurer, m’encourager. Franchement, c’est exceptionnel », estime-t-elle.

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Une expérience qu’ils referaient « mille fois » et qui a indéniablement rapproché le frère et la sœur. « Ça nous a donné envie de nous voir plus qu’une fois par an ! », dit en riant Raphaël. Et Sonide d’ajouter : « En rentrant, c’était un truc de fou parce que ça ne m’était jamais arrivé, il me manquait ! J’avais déjà envie de le revoir ».