Si l’on demandait finalement aux principaux intéressés ? Ce vendredi soir à 17 heures, alors que le soleil commence à se coucher, le parc de la place Wilson ne désemplit pas.

Des enfants de tous les âges s’amusent sur les jeux, les bébés les regardent depuis leur poussette, des adolescents s’enlacent sur un banc à l’abri des regards, des dames plus âgées discutent… Bref, un véritable lieu de vie. Mais certains habitants sont inquiets : la mairie ambitionne de construire un parking sous la place.

Elle prévoit de commencer les travaux début 2026, pour une livraison en 2028. « Où irons-nous pendant deux ans ? Aucun lieu de substitution ne nous est proposé. Et qu’allons-nous trouver après ? », questionne Cédric Gonnet.

« La promenade du Paillon est un lieu de passage »

Père de deux petits garçons, il fait partie d’un collectif de riverains opposés au projet de parking.

Et il n’est pas seul. Catherine est assistante maternelle. Elle a la charge de trois filles de 12, 18 et 24 mois.

« Le parc Wilson est le seul où je peux m’occuper de la plus jeune et surveiller les deux autres », martèle-t-elle. Impossible d’atteindre cette tranquillité d’esprit sur la promenade du Paillon.

« C’est un long couloir, un lieu de passage… Aucune assistante maternelle ne va là-bas. Ici, les gens se connaissent et les enfants jouent entre eux », assure Catherine.

Et, pendant ce temps, les parents discutent. Morgane a emménagé dans le quartier en septembre.

Fraîchement séparée du père de sa fille Léa, 22 mois, elle s’est rapidement liée d’amitié avec Helena, une autre jeune maman.

« Je suis allée à l’anniversaire de sa fille. Ce parc est plus qu’un espace vert, c’est un endroit où parents et enfants peuvent décompresser », sourit-elle.

Helena approuve. Tout en portant Lola, un an, dans ses bras, elle surveille sa petite deuxième, Julietta, âgée de 2 ans et demi. « C’est le seul parc du centre-ville où nos enfants sont en sécurité. On demande juste à la mairie de vraiment nous écouter », soupire-t-elle.

Un parc qui abrite du soleil

Il y a certes le square Durandy à proximité mais aucun espace n’y est dédié aux enfants. « Il y a trois points de sortie, deux bacs d’eau, le tramway… Impensable », ajoute Catherine.

Et reprend : « On nous a fermé le jardin de la Tête Carrée, le jardin Marshall… Il ne nous reste que le parc Wilson. »

D’autant qu’elle travaille aussi l’été, pendant les fortes chaleurs. Or, à Wilson, de grands arbres permettent un peu d’ombre et de fraîcheur.

« À partir de 16 h 15, il y a toujours un côté préservé du soleil grâce aux rangées d’arbres, de part et d’autre du parc », précisent Catherine et Cédric. Alors, pour sauver leur petit havre de paix, le collectif de riverains a publié une pétition, qui regroupe plus de 250 signatures.

Pour trouver la pétition, vous pouvez saisir «« Sauvons notre parc Wilson à Nice / Let’s save our Wilson Park in Nice » sur la plateforme Change.org.

Christian Estrosi : « Un véritable jardin urbain »

Régulièrement interrogé sur ce projet, Christian Estrosi a adressé un communiqué de presse à Nice-Matin, ce vendredi, pour rappeler ses « engagements » : « Les arbres de la place Wilson seront intégralement conservés, en particulier les ginkgo biloba et les platanes de l’allée Sandro-Pertini. »

Le maire l’assure : « Le futur parking garantira un niveau de stationnement compatible avec la vie locale sans sacrifier l’environnement ni le patrimoine végétal ». Celui qui brigue en mars un quatrième mandat promet même « un nouvel espace vert paysager, un véritable jardin urbain de respiration, largement végétalisé, dans la continuité de nos grandes réalisations — Promenade du Paillon saison 2, trames vertes, jardin d’Arménie, jardin Saint-Jean d’Angély, etc. »

Une délibération actant son projet sera mise au vote vendredi prochain en conseil métropolitain.