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Le château Laurens à Agde dans l’Hérault est un monument historique fascinant où mystère et beauté artistique se côtoient. Restauré récemment, le monument révèle tous les charmes de l’Art nouveau.
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Le long des berges de l’Hérault, face à Agde, se dresse une bâtisse mystérieuse, témoin d’un temps révolu.
Construite à la fin du XIXᵉ siècle par le riche Agathois Emmanuel Laurens, cette villa a traversé les époques, tour à tour demeure somptueuse, lieu oublié, et aujourd’hui chef-d’œuvre restauré. Hélène Bassas a rencontré Laurent Félix, chef du service patrimoine, au cœur du Château Laurens et de ses pièces d’art.
Faire de sa maison un monument, telle est cette énigmatique bâtisse le long des berges de l’Hérault, face à la ville d’Agde. Splendeur déchue, nos contemporains ont compris l’importance de réhabiliter cette demeure.
Le château Laurens, à la fois villa palladienne et temple à l’esprit antique, fut édifié sur le domaine de Belle-Isle, à Agde. Bordé par le fleuve Hérault et le canal du Midi, entouré d’un vaste parc de douze hectares, il a été construit pour Emmanuel Laurens par l’architecte montpelliérain Jacques Février.
Construite entre 1898 et 1900, cette villa a subi des usages différents selon les époques puis a été laissée à l’abandon. Ce fut la villa Laurens, le domaine de Belle-Ile, et aujourd’hui le château Laurens.
Une étude menée en 2006 par l’architecte en chef des Monuments Historiques, Dominique Larpin, a permis d’élaborer un plan de restauration.
« On a organisé des campagnes de recherche, à la faveur de témoignages, de prêts de document et aussi des études d’architecture. Au moment de la restauration, on a trouvé des noms d’artistes cachés derrière les boiseries », raconte Laurent Félix, chef du service patrimoine de la Communauté d’Agglomération Hérault Méditerranée.
Rien n’avait été perturbé, les murs avaient gonflé… il restait 50 ou 60% du décor qui vibrait, qui faisait vibrer les yeux, l’essence, l’imaginaire tel qu’il avait pu être au moment de sa création en 1900.
Laurent Félix – chef du service patrimoine
La restauration de ce joyau patrimonial est un ouvrage collectif : nourrie par près de vingt ans de recherches, près de 10 ans de travaux, 1 400 m² de surface, 7 terrasses dont une terrasse panoramique. Elle s’est achevée en 2023.

Photo d’époque : On devine une pièce d’apparat décorée d’ornements et d’objets ramenés des voyages d’Emmanuel Laurens
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© France Télévisions
Mélangeant pièces d’apparat qui évoquent une villa antique et un appartement privé plus intime, ce bâtiment extravagant comprend une salle de musique, un grand vestibule, un auditorium, un laboratoire, etc.
Cette demeure toute en couleurs est faite de boiseries délicates, de céramiques, de peintures et de reflets de la lumière qui inondent les vingt pièces. À mi-chemin entre romantisme fin de siècle et modernisme triomphant, cette villa de près de 1 400 m² présente un cadre de vie inspiré par les voyages en Orient de son propriétaire et son goût pour l’Art nouveau.
Certaines pièces sont agrémentées de vitraux ou des peintures murales avec un côté grec, romain ou égyptien. Le génie d’Emmanuel Laurens abouti à une villa de ses rêves, de son monde à lui.

La décoration très riche dans les pièces d’apparat du château Laurens
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© Hélène Bassas / France Télévisions
Grand voyageur, Emmanuel Laurens poursuit la réforme des arts décoratifs, prônant le « beau et l’utile ». Parmi ses commandes : une couverture de livre exceptionnelle des « Fleurs du Mal » de Baudelaire, où matériaux et ornements se mêlent en témoignage du foisonnement créatif de l’époque.
Du mobilier a été également restauré pour orner le château apportant un certain raffinement entre le luxe oriental et l’Art nouveau.
C’est la période de la réforme des arts décoratifs , la période du beau et de l’utile, l’art dans tout et Emmanuel Laurens rentre dans ce mouvement.
Laurent Félix – chef du service patrimoine

Le mobilier et les pièces d’art dans la villa Laurens, des pièces uniques de l’Art nouveau
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© Hélène Bassas / France Télévisions
De multiples d’artistes ont participé à l’enrichissement artistique de ce lieu, témoin d’une période remarquable qu’était l’Art nouveau, il y a 100 ans au tout début du 20ème siècle.
Cette rénovation permet au public de s’immerger dans un contexte historique marqué par l’excentricité des « années folles ».
En franchissant les portes du château, visiteurs et passionnés redécouvrent un « monument vivant », témoin de l’histoire agathoise.
Aujourd’hui, le château Laurens ouvre ses portes aux visiteurs et propose diverses manifestations culturelles. Transformé en lieu à vocation artistique, pédagogique et touristique, il propose des tarifs adaptés selon le profil des visiteurs.
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