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Rédaction de Toulouse

Publié le

30 nov. 2025 à 14h18

Toulouse, le 13 octobre 1913. Un convoi pas comme les autres arrive en gare Raynal, le dépôt de triage attenant à celle de Matabiau. Trois trains de cinquante wagons ornés de l’inscription Buffalo Bill’s Wild West déchargent 800 hommes et femmes et 500 chevaux ! L’aventure hors norme impressionne les journalistes de la presse locale.

« Les personnages les plus hétéroclites »

L’un d’eux, de L’Express du Midi, décrit dans le menu détail l’intrigante compagnie : « Les portes s’ouvrent […] Les personnages les plus hétéroclites apparaissent alors de tous les bouts du train, des têtes curieuses et bizarres surgissent aux portières. Voici d’abord un Indien Peau-Rouge, drapé dans un grand manteau de laine bleue à passementeries blanches, qui fait quelques pas au-dehors et frotte ses yeux à demi clos encore. Ici, c’est un Arabe, plus loin un Japonais… Les races se mêlent avec profusion ».

Dans le petit matin, la foule se presse au passage du cortège du Wild West Show (le Spectacle de l’Ouest sauvage) : boulevard Bonrepos, allées Lafayette (aujourd’hui Jean-Jaurès), boulevard Carnot, Boulingrin (Grand-Rond), allées Saint-Michel (aujourd’hui Jules-Guesde), pont Neuf, pour arriver enfin à la Prairie des Filtres, lieu des représentations (six données du 13 au 15 octobre), comme le racontent Emmanuelle Perez Tisserant et Tamara Venit Shelton dans 1905, « Buffalo Bill et son Wild West Show sur la Prairie des Filtres » (Éditions Midi-Pyrénéennes).

Les archives municipales, qui ont conservé deux photos de l’événement, montrent le lieu jalonné de tentes et de tipis, donnant un aspect de camp militaire en pleine ville.

Buffalo Bill, légende vivante
Buffalo Bill.
Buffalo Bill. (©DR)

William Frederick Cody, alias Buffalo Bill, le concepteur et producteur du spectacle, en est la tête d’affiche. Il est l’un des symboles d’un Far West fantasmé, romancé par James Fenimore Cooper ou Thomas Mayne Reid.

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Originaire de l’Iowa, l’ancien chasseur de bisons – devenu conteur, voire affabulateur à certains égards – associé depuis 1903 à James Anthony Bailey, codirecteur du célèbre cirque Barnum & Bailey, popularise l’image de l’homme viril des grandes plaines, avec son chapeau stetson, son bandana et sa chemise de cow-boy.

Pour impressionner le public, l’habile metteur en scène recrute de vrais éleveurs pour mettre en avant leurs prouesses au lasso, des tireurs d’élite comme Annie Oakley, et des Amérindiens, derniers représentants des tribus primitives de l’Ouest.

Une dimension patriotique

« Même pendant leurs heures de repos, Buffalo les encourage à rester vêtus de leur costume et à se promener dans les rues, se mêlant à la population et faisant la promotion du spectacle », précise Emmanuelle Perez Tisserant.

Bien qu’il soit présenté comme cosmopolite, le show revêt une dimension patriotique très forte, se terminant par The Star-Spangled Banner (La Bannière pailletée d’étoiles, hymne de la Marine qui deviendra l’hymne national américain en 1931).

Mathieu Arnal

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