« Au retour de mon post-doctorat au Canada, en fin de mandat de François Hollande, il y a eu, pour moi, une vraie déception sur le bilan de cette présidence et le constat de la montée de l’extrême droite », explique Vanessa Pedinotti, au lendemain de son meeting de lancement de campagne, qui a réuni 500 personnes à la Salle Barcelone, ce mardi 18 novembre. C’est cette désillusion qui a conduit la candidate à la mairie de Toulouse à rejoindre un mouvement d’extrême gauche.
« Je milite depuis huit ans au sein de Révolution Permanente, que j’ai approchée au moment où ils faisaient encore partie du NPA (Nouveau parti anticapitaliste) », poursuit la jeune femme de 39 ans originaire de région parisienne et arrivée à Toulouse il y a une quinzaine d’années pour une thèse en hydrologie au sein de Météo France. Désormais salariée de Magellium, Vanessa Pedinotti travaille à améliorer les modèles de prévisions climatiques à grande échelle.
Salariée de l’aérospatiale
En se présentant à Toulouse, l’une des huit villes françaises dans lesquelles le mouvement est en course pour les municipales, Révolution Permanente pense qu’il y a « un espace pour porter notre perspective. Nous avons la volonté de faire entrer au Capitole les travailleurs, la jeunesse, les banlieues et leurs luttes. »
Clairement, cette candidature s’inscrit en opposition frontale avec la politique menée par le maire actuel Jean-Luc Moudenc (ex LR) qui va se représenter. « Il est le relai de la politique gouvernementale, en matière sécuritaire, d’austérité, à l’image du plan Proxima sur les services publics. Il mène aussi une politique de gentrification au détriment des classes populaires et prend des mesures d’expulsions des mineurs isolés », dénonce ainsi Vanessa Pedinotti.
La tête de liste de Révolution Permanente interroge donc : « Quel Toulouse voulons-nous ? ». En tant que salariée de l’aérospatiale, elle s’inquiète d’une militarisation accrue du secteur, qu’illustre, selon elle, la venue d’Emmanuel Macron ce 12 novembre pour inaugurer le Commandement de l’espace. « Il ne faut pas que Toulouse devienne demain la capitale de la guerre », pointe-t-elle, estimant que ce secteur doit être entre les mains de ses travailleurs, via une nationalisation, pour l’orienter vers des activités qui ne cherchent pas uniquement le profit. « Il faut une vraie discussion sur ce qui est fait de l’appareil industriel. »
46 000 logements vides à réquisitionner
Si ces municipales, à un an de la présidentielle, s’inscrivent dans un projet plus global pour Révolution Permanente, le mouvement entend cependant se faire entendre sur des enjeux locaux. « Il y a actuellement 46 000 logements vides à Toulouse dont nous voulons la réquisition immédiate. Sur cette question, nous souhaitons aussi le plafonnement et le gel des loyers, pour venir en aide aux classes populaires. »
En opposition frontale avec l’équipe municipale en place, Vanessa Pedinotti ne compte pas pour autant se rapprocher des forces de gauche dans le cas d’un second tour. « Nous avons des désaccords stratégiques avec ces partis et le PS comme EELV ont trahi les espérances des électeurs à plusieurs reprises. Notre candidature est un point d’appui pour les luttes à venir », annonce-t-elle, encourageant les Toulousains à rejoindre les comités de campagne que Révolution Permanente va bientôt mettre en place dans la ville.