Durant sept années, il aura donc porté cet ambitieux projet à bout de bras, frappé à toutes les portes, expliqué encore et encore tout l’intérêt de cette nouvelle salle qu’il voulait ultramoderne et dédiée – entre autres – au volley-ball. Las, Serge Petiot a décidé de jeter l’éponge. « J’ai le sentiment qu’on m’a promené durant toutes ces années. Les collectivités ne veulent pas s’engager, il n’y a pas de volonté réelle de leur part. J’ai sans doute été naïf », concède-t-il, visiblement affecté par ce renoncement.
Une décision difficile prise suite à une réunion en préfecture, mi-septembre, où toutes les parties prenantes étaient réunies autour du nouveau préfet de Meurthe-et-Moselle, Yves Séguy, désireux de faire un point complet sur le dossier. « Tout le monde était là. Il y avait les gens de la Métropole, de la Grande Région, de Jeunesse et Sport… Mais lorsque le préfet a demandé à chacun de s’engager, tout le monde est resté muet. »
Une capacité revue à la baisse
Alors que le projet initial d’« arena », tout près d’aboutir, devait pouvoir accueillir 2.500 spectateurs sur le site d’ARTEM – où, ironie du sort, une étude de faisabilité vient d’être lancée pour la création d’un… nouveau gymnase ! -, il a été modifié à plusieurs reprises, au gré d’aléas politiques et administratifs. Alors que les sites de l’ancien collège Louis-Armand ou de la plaine Flageul avaient été un temps évoqués, c’est sur le terrain de la caserne Faron, à Vandoeuvre, que le projet a réellement rebondi. Avec une salle plus petite (1.500 places) mais placée au cœur d’un vaste complexe sportif et immobilier, dont le coût total atteignait les 18 millions d’euros. « Dans ce projet global, il devait y avoir des logements, des locaux commerciaux, des terrains de padel et de pickleball. Le partenariat public/privé, à 50/50, ne concernait que la salle dont le montant est évalué à 12 millions », précise le président du Grand Nancy Volley. Désormais bien conscient qu’en ces temps de crise budgétaire, les 6 millions initialement promis par les collectivités ne seront jamais réunis.
« J’ai déjà dépensé de l’ordre de 200.000 € »
« Depuis un petit moment, mes proches me disaient de lâcher. Il faut savoir être raisonnable. J’ai déjà dépensé de l’ordre de 200.000 € en bureaux d’études, architectes, avocat, expertises techniques… Cela fait sept années que je me bats ; un projet comme celui-là, il en faudrait quatre de plus pour le réaliser. Et je vais avoir 72 ans… », pointe Serge Petiot. « Lorsque j’ai pris la décision de tout arrêter, ça m’a soulagé… Même si aujourd’hui, c’est dur à accepter. Je suis déçu pour tous les gens impliqués dans le projet, que j’avais emmenés avec moi. »
Néanmoins, il rassure : il ne lâchera pas pour autant pas la barre de « son » club. « Cet équipement me paraissait indispensable pour avoir de grandes ambitions sportives et être autonomes. Mais sans lui, nous sommes tout de même capables de faire vivre le Grand Nancy Volley à haut niveau. »