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Après le cambriolage de casinos aux quatre coins de la France, un individu de 31 ans a été arrêté par les gendarmes grâce à son ADN. Il a été condamné à de la prison ferme ce mardi 2 décembre par le tribunal d’Auch (Gers).
Quatre casinos cambriolés, de l’ADN prélevé, un téléphone géolocalisé et un individu interpellé dans un aéroport : cette affaire rassemble tous les ingrédients d’un polar à succès. Les faits, eux, sont pourtant bien réels.
L’un d’eux a été commis dans le Gers, plus exactement à Cazaubon, à la frontière des Landes. Le 11 août 2024, le casino du quartier de Barbotan-les-Thermes ferme ses portes comme à son habitude, aux alentours de 2 heures.
Un cambriolage nocturne minutieusement préparé
L’endroit se vide de ses salariés. Vers 3 heures, les caméras de vidéoprotection captent deux individus entrer par effraction dans l’établissement. Ils sont cagoulés, l’un fait le guet, l’autre se dirige vers la salle de jeu. Pour éviter de déclencher l’alarme, il rampe au sol, puis fracture sept machines à sous et tente de récupérer le contenu d’un distributeur automatique de billets. Pas de chance : l’alarme retentit et les gendarmes se rendent sur place.
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À leur arrivée, les deux malfrats ont déjà quitté les lieux… sans argent, les machines étant vides. Trop lourd pour être emporté et trop difficile à ouvrir, le distributeur a été laissé sur place. Le préjudice matériel lié aux dégradations est estimé à 30 000 €.
L’enquête débute. La crim’procède aux premiers relevés : traces de semelles, analyse des zones d’effraction et prélèvement biologique afin d’établir un profil ADN.

L’individu est reparti sans butin mais le préjudice causé par les dégâts n’est pas négligeable.
DDM – Illustration, L.D.
Les investigations établissent rapidement un lien avec trois autres affaires : deux jours auparavant à Alet-les-Bains dans l’Aude, deux mois plus tôt à Saint-Honoré-les-Bains dans la Nièvre, et le lendemain à Andernos-les-Bains en Gironde.
Au total, le préjudice cumulé est estimé à plus de 70 000 €. Les investigations se poursuivent sur tout le territoire national avec l’appui de la section de recherches et sous la direction de la brigade de recherche d’Auch.
Un suspect identifié grâce à l’ADN et aux réseaux sociaux
L’enquête s’accélère grâce aux prélèvements effectués à Cazaubon sur un distributeur par une technicienne en investigation criminelle gersoise.
L’ADN a parlé, mais pas sur le territoire français. Un individu de 31 ans, déjà impliqué dans plusieurs affaires de criminalité organisée en Europe, est formellement identifié. D’origine roumaine, il est défavorablement connu des services de police en Angleterre, en Autriche et en République tchèque.
Grâce à l’analyse de ses réseaux sociaux, les enquêteurs retrouvent un numéro de téléphone français correspondant à une ligne ayant borné, aux dates précises des cambriolages, dans les communes concernées.
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Un mandat de recherche est émis. Dimanche dernier, alors qu’il venait d’atterrir à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac en provenance de Prague, l’individu est interpellé avant d’être transféré dans le Gers.
En garde à vue, il profite de son droit au silence. Ce mardi 2 novembre, il a tout de même dû répondre de ses actes devant le tribunal d’Auch. Le cambriolage du casino de Cazaubon ? Il reconnaît, tout en minimisant son implication. « J’étais seulement complice », indique-t-il dans sa langue natale avant traduction par son interprète roumaine.
Pour les trois autres casinos, il conteste. Mais son passé ne joue pas en sa faveur. Le trentenaire, ancien consommateur de crack, a été impliqué dans diverses affaires liées aux stupéfiants ou à des escroqueries. Il a même fait l’objet d’une fiche Europol en République tchèque. Quatre ans de prison, dont un an avec sursis, sont requis.
Il écope finalement de 30 mois d’emprisonnement, dont 12 avec sursis, assortis d’une interdiction de paraître en France durant 5 ans. Interrogé sur le second individu impliqué dans le casse de Cazaubon, il répond : « Il me fait peur. » L’homme, lui, demeure introuvable.