Le prévenu de 37 ans, Emile Siegler, a récemment fait les gros titres lorsqu’il s’est évadé lors d’une sortie au planétarium de Rennes le 14 novembre, avant d’être repris treize jours plus tard à Nantes, sur son terrain au sein de la communauté des gens du voyage.
L’évadé de Rennes est déjà de retour devant la justice: deux ans de prison ont été requis mardi contre lui pour avoir organisé une série d’incendies ayant visé une chaîne de magasins de cheminées dans l’ouest de la France à partir de la fin 2022.
Le prévenu de 37 ans, Emile Siegler, a récemment fait les gros titres lorsqu’il s’est évadé lors d’une sortie au planétarium de Rennes le 14 novembre, avant d’être repris treize jours plus tard à Nantes, sur son terrain au sein de la communauté des gens du voyage. Il sera jugé pour cette évasion le 22 janvier devant le tribunal correctionnel de Rennes.
Mardi c’est d’«association de malfaiteurs» qu’il devait répondre devant la même juridiction: la justice lui reproche d’avoir, depuis sa cellule, organisé une série d’incendies et d’actes de vandalisme contre des magasins Poêles & Cie pour le compte d’un co-détenu qui souhaitait se venger après un litige commercial avec cette chaîne. La voiture des gérants de l’enseigne avait également été visée en mai 2023 devant leur domicile.
«Pour une fois dans ma vie, je suis innocent»
Au total, 24 personnes ont été mises en examen dans ce dossier, dont le préjudice a été estimé à quelque 5 millions d’euros. Bon nombre d’entre elles, des exécutants et hommes de main qui auraient été recrutés par Emile Siegler parmi des proches et d’anciens co-détenus, ont reconnu leur participation et ont été condamnées dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC).
Le commanditaire présumé, «principal protagoniste et grand absent de ce procès», a regretté le ministère public, sera jugé ultérieurement, en correctionnelle, mais aussi par une cour d’assises pour une partie des faits les plus graves, comme un «contrat» qu’il aurait passé contre le magistrat instructeur. Emile Siegler était donc le seul prévenu jugé mardi. «Je n’ai rien à voir là-dedans», a-t-il martelé, rejetant toute responsabilité sur le commanditaire, soulignant la dangerosité et le caractère vindicatif de celui dont il a partagé la cellule. «Le criminel c’est lui, le fou malade vous l’avez», s’est-il écrié.
«Pour une fois dans ma vie, je suis innocent», a protesté ce multirécidiviste qui a passé 15 ans de sa vie en prison et affiche 27 mentions à son casier judiciaire, dont trois pour des évasions précédentes. Mais pour la substitute du procureur Estelle Tougait, les preuves sont accablantes contre le prévenu, de même que la reconnaissance de culpabilité des nombreux exécutants, dont le propre frère d’Emile Siegler.