Que s’est-il vraiment passé dimanche soir au centre d’entraînement de l’OGC Nice ? Climat hostile et coup de pression ou agressions caractérisées et tabassage en règle ? C’est la justice qui devra maintenant répondre à ces questions. Elle a été saisie à la suite de deux plaintes déposées lundi par deux joueurs, Terem Moffi et Jérémie Boga. Leur club leur a finalement emboîté le pas ce mardi en déposant plainte contre X, en accord le propriétaire du Gym, le groupe INEOS.

Conséquence ? Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « violences aggravées, participation à un groupement préparant des violences ou dégradations et non-empêchement d’un délit contre l’intégrité corporelle ».

Des auditions déjà en cours

Selon le communiqué du parquet, elle a été confiée à la police judiciaire et « de nombreuses auditions » sont déjà en cours.

Deux versions s’affrontent dans les incidents qui ont éclaté au retour des joueurs après une sixième défaite d’affilée. Celle de certains joueurs qui affirment avoir été frappés, insultés et cibles de crachats à leur descente du bus. Les attaquants Terem Moffi et Jérémie Boga mettent même en avant une ITT (arrêt de travail) de 7 jours pour l’un et 5 jours pour l’autre.

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Maxime Bacquié / Radio France/Maxppp

À l’inverse, si les supporters présents au moment des faits admettent « des tensions » et un « climat hostile », ils démentent toute violence physique envers les joueurs. Sur le réseau social X, certains supporters évoquent uniquement le vol du bonnet de Terem Moffi.

La police n’a pas constaté de violences sur place

Contactée par Nice-Matin, la préfecture des Alpes-Maritimes indique qu’une vingtaine de policiers étaient présents au moment des faits, la direction du club ayant prévenu qu’un « comité d’accueil » était en préparation. Le choix a été fait de ne pas l’évacuer avant l’arrivée du bus pour ne pas envenimer la situation en concertation avec le club.

« Il y avait beaucoup de monde, beaucoup de fumigènes et beaucoup de tension », explique Aurélie Lebourgeois, directrice de cabinet du préfet des Alpes-Maritimes. Et de poursuivre : « Il y avait vraiment un climat d’hostilité mais les équipes de police n’ont pas constaté de scènes de violences ciblées pendant les incidents. Le soir même, il n’y a pas eu de constatations de blessés et aucune intervention des secours sur place. »

Sécurité renforcée autour de l’OGC Nice

Échange de coups ou pas, la sécurité autour de l’OGC Nice a d’ores et déjà été revue. Le centre d’entraînement fait dorénavant l’objet d’une surveillance toute particulière. La sécurité autour des joueurs et du staff a également été renforcée avec la police nationale en appui. « L’impératif absolu est de préserver le club et les joueurs », ajoute Aurélie Lebourgeois.

Quid du match de dimanche à l’Allianz Riviera contre Angers ? Loin d’être sensible sur le papier, le contexte a changé. La rencontre devrait finalement basculer dans la catégorie des matchs à risques. Si un huis clos n’est pas à l’ordre du jour, le dispositif sécuritaire va largement être revu. « Nous devons intégrer un risque d’affrontement entre les joueurs et leurs propres supporters. C’est une situation peu commune », confie Aurélie Lebourgeois.