48 heures après, l’onde de choc née des débordements survenus dimanche 30 novembre au soir lors de la descente de 400 supporters au centre d’entraînement, suite à la défaite de trop contre Lorient (3-1), ne faiblit pas.

Bien au contraire. Lundi, on apprenait que les joueurs du Gym Jérémie Boga et Terem Moffi avaient porté plainte contre X pour de potentiels coups reçus et qu’ils s’étaient mis en arrêt maladie, rendant l’hypothèse de les voir un jour de nouveau porter le maillot de l’OGC Nice difficilement imaginable.

L’épisode de trop

Aujourd’hui, c’est son entraîneur que le Gym est sur le point de perdre. Après s’être laissé le temps de la réflexion, Franck Haise, marqué par la tournure des événements mais aussi fatigué par sa perte d’influence auprès de son groupe, a acté qu’il ne poursuivrait pas plus longtemps sa mission entamée à Nice à l’été 2024.

Une décision validée par ses dirigeants, qu’il devrait expliquer à ses joueurs aujourd’hui.

Acclamé par les supporters auprès desquels il garde un grand crédit et avec qui il a longuement échangé au fil de la soirée de dimanche, l’entraîneur niçois n’avait pris conscience de la gravité de la situation que plus tard lundi au gré des témoignages de ses hommes, confiant auprès de proches être très touché.

L’épisode de trop dans un deuxième chapitre niçois qu’il imaginait bien différent, après la 4e place acquise l’an dernier en championnat. Sa deuxième saison, avec un effectif qui a perdu en qualité, avait débuté de façon bien plus compliquée avec une 10e place bien fragile en Ligue 1 et un zéro pointé en Ligue Europa.

L’OGC Nice était toujours secoué mardi par les graves incidents provoqués dimanche soir par quelque 200 de ses supporters, qui ont entraîné des condamnations politiques et l’ouverture d’une enquête pour violences aggravées après les plaintes déposées par deux joueurs.

Une communication de moins en moins maîtrisée

Depuis plusieurs semaines, alors que les défaites s’accumulaient (6 consécutives désormais) il semblait avoir perdu son vestiaire et le fil, avec une communication de moins en moins maîtrisée et empreinte de frustration.

Après les lourds revers contre l’OM (1-5) puis Porto (3-0), Franck Haise avait révélé avoir proposé à son président Fabrice Bocquet, avec qui les relations sont devenues glaciales, d’être l’électrochoc pour se sortir de la crise de résultats dans laquelle était plongé le club.

Sa proposition d’être limogé, alors que son contrat a été prolongé cet été jusqu’en 2029, n’avait pas été retenue par l’état-major niçois.

Bocquet et Maurice devraient, eux, rester

Les récents incidents, qui ont fait réagir bien au-delà de la scène nationale, et sur lesquels la justice devra faire toute la lumière, ont visiblement changé la donne. Franck Haise a de nouveau fait part de sa volonté de quitter le club et ses dirigeants ont cette fois accepté.

Un accord financier devrait rapidement être trouvé. Le Normand de 54 ans avait dès dimanche soir offert deux jours de repos à ses hommes, leur concédant « ne plus en pouvoir ».

Le directeur du centre de formation Julien Sablé pourrait être une solution pour assurer l’intérim contre Angers dimanche à l’Allianz Riviera (15h). Seulement à court terme ?

Tout est aujourd’hui possible au sein d’un club qui va devoir être fort pour redresser la barre. Le patron d’Ineos Sport Jean-Claude Blanc a fait le déplacement hier à Nice pour aider tout le monde à y voir plus clair.

Si le directeur sportif Florian Maurice, qui aurait aussi reçu des coups dans la cohue sans porter plainte, et le président-directeur général Fabrice Bocquet, ont pu se poser des questions sur leur avenir au sein du club, ils ne devraient pas bouger, déterminés à mener leur mission à bien, malgré les erreurs qui ont pu être commises, et remettre le Gym sur les bons rails. Ils gardent la confiance d’INEOS.

La principale interrogation est de savoir comment le vestiaire aura digéré les derniers événements.

Un climat pesant

Lundi, plusieurs joueurs (Abdul Samed, Bard, Louchet, Bombito…) ont échangé avec Fabrice Bocquet et partagé leur colère et leur incompréhension quant au déroulé d’une soirée durant laquelle ils estiment ne pas avoir été assez protégés par le club.

Attendu à l’entraînement ce matin, le groupe, encore très touché, a prévu de se réunir, sans le staff, pour évoquer la suite. Plusieurs agents nous ont fait part hier d’une confiance très entamée, voire désormais rompue, entre les joueurs et les décideurs niçois. L’absence d’accompagnement psychologique aurait par exemple été très mal vécue.

C’est dans ce climat pesant et sans Franck Haise, donc, que l’OGC Nice va tenter de préparer au mieux son prochain match. Devant son public et contre un concurrent direct au maintien. Au vu du chaos actuel, le Gym ne se bat pour rien d’autre.

Elle a été saisie à la suite de deux plaintes déposées lundi par deux joueurs, Terem Moffi et Jérémie Boga. Leur club leur a finalement emboîté le pas hier en déposant plainte contre X, en accord avec le propriétaire du Gym, le groupe INEOS.Conséquence ?

Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « violences aggravées, participation à un groupement préparant des violences ou dégradations et non-empêchement d’un délit contre l’intégrité corporelle ».