L’année 2026 s’annonce cruciale pour l’aéroport de Nantes Atlantique. Sauf énième coup de théâtre, l’État donnera, dans un an, sa décision quant au futur concessionnaire de la plate-forme aéroportuaire. Un acteur qui devra être solide tant les investissements s’annoncent importants pour réaménager un site dont l’infrastructure est indigne de son trafic (7 millions de passagers annuels), comme le rappelait, il y a quelques jours, la Cour des comptes. La faute à l’abandon, en 2018, du projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

Vinci payera-t-il son différend avec l’État ?

Selon nos informations, les dossiers de candidature devront être déposés au plus tard fin janvier. Et, à ce stade, deux prétendants sont dans les starting-blocks afin de répondre à l’appel d’offres. Sans surprise, le groupe de construction Vinci, actuel concessionnaire, à travers Aéroports du Grand Ouest (AGO), détenue à 85 % par sa filiale Vinci Airports, compte bien renouveler son bail. Si ses quinze années déjà passées à gérer l’aéroport nantais constitue indéniablement un point fort, son différend avec l’État, à qui il réclame 1,6 milliard d’euros en compensation de l’abandon de NDDL, reste une épine dans le pied. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les pouvoirs publics avaient mis prématurément, fin 2023, à un premier appel d’offres, auquel Vinci, seul, avait répondu. Il n’était, en effet, pas question pour l’État de lui dérouler le tapis rouge.

Pari gagnant puisque, trois ans plus tard, un autre compétiteur va désormais déposer sa candidature pour l’aéroport nantais. Il s’agit du groupe de BTP NGE, dont le siège est à Tarascon (Bouches-du-Rhône) et qui emploie 23 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 4,6 milliards d’euros.

L’État à la manœuvre ?

Mais, selon plusieurs sources concordantes, celui-ci ne part pas seul. Il est le mandataire d’un groupement plus large, associant plusieurs acteurs financiers, dont des fonds d’investissement et… l’Aéroport Marseille Provence (AMP). Novice en matière de gestion aéroportuaire – il réalise principalement des routes et des voies ferrées mais avait quand même postulé, avant de jeter l’éponge, pour la concession de Beauvais (Oise) -, NGE compte s’appuyer sur l’expérience d’AMP pour convaincre du sérieux de son offre. Car le Phocéen, fort de ses 11,1 millions de passagers en 2024, est déjà le concessionnaire, avec Eiffage, de l’aéroport de Lille Lesquin.

Sur le papier, le tandem NGE-AMP paraît cohérent. Il ne manque toutefois pas d’étonner. Car l’aéroport marseillais est détenu à 60 % par… l’État. Celui-là même qui est en conflit ouvert avec Vinci. « Tout ceci ne doit pas déplaire à l’État, même si cela ne préjuge pas de l’offre qui sera retenue », fait remarquer un expert du secteur.