Tout le monde doit faire des économies. Et la puissante région Île-de-France n’y échappe pas. Alors que le projet de loi de finances prévoit de prélever davantage les collectivités, le conseil régional mené par Valérie Pécresse (LR) pointe une réduction de 4 % de ses recettes. Soit 177 millions d’euros en moins sur son budget 2026, présenté ce mardi.
« On subit une saignée de l’État », déplore la présidente, qui « pousse un cri d’alarme » contre les ponctions de l’État, après une première perte de 130 millions d’euros de recettes l’an dernier, sur le budget 2025. « On compte chaque centime, assure Valérie Pécresse, dont le budget pour la région est de 4,57 milliards d’euros. Ce serait possible que l’État fasse pareil mais il ne le fait pas. Il préfère prendre l’argent à ceux qui méritent. »
Pour la région, cette nouvelle baisse de recettes va se traduire par d’importantes économies sur les dépenses de fonctionnement. Cinquante postes devraient être supprimés au siège, qui avait déménagé de Paris à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) en 2020. Pour faire des économies, déjà, dans le cadre d’un plan de rationalisation de 200 millions d’euros. À cela s’ajoutera le gel des subventions aux « organismes associés ». En somme, des agences dans le giron du conseil régional, à l’image de l’Institut Paris région.
Des besoins dans l’éducation
L’occasion pour cette ancienne ministre du Budget de mettre en avant sa gestion financière, en s’appuyant sur un récent rapport de la chambre régionale des comptes. Et de porter la comparaison avec la Ville de Paris : « La dette par habitant de Paris est sept fois supérieure à celle de la région (NDLR : 3 719 euros contre 523 euros) ».
Dans ce contexte contraint, la collectivité augmente malgré tout de 10 % le budget alloué à l’éducation, « une priorité » selon Valérie Pécresse. Au total, 1,9 milliard d’euros seront alloués pour des créations d’établissements ou des extensions à Romainville (Seine-Saint-Denis) Gonesse et Magny-en-Vexin dans le Val-d’Oise, Montévrain (Seine-et-Marne)… « Nous devons faire face à la fuite des familles de Paris en petite et en grande couronne, souligne Valérie Pécresse. Les lycées parisiens se vident et un besoin émerge ailleurs. »
Parmi les mesures annoncées, de nouveaux ordinateurs plus puissants seront distribués aux élèves de seconde et de première années de CAP ainsi qu’à 10 000 professeurs au printemps, ou encore des stages pour préparer les élèves au Code de la route.
Des fonds pour les transports
Deuxième gros dossier : les transports. La contribution de la région à Île-de-France Mobilités s’élèvera à 823 millions d’euros, soit 30 millions de plus qu’en 2025. En 2026, la région accélèrera aussi la livraison des nouveaux bus avec 1 000 commandes par an, des métros et trains neufs. L’ouverture de la ligne 18 Massy-Saclay, en Essonne, se déroulera cette année-là et les chantiers des futures lignes se poursuivront. Des fonds serviront également à étendre le réseau vélo Île-de-France, qui doit s’étendre sur 750 km en 2030.
La présidente de la région a ensuite rappelé que l’Île-de-France reste un désert médical. La collectivité investit 285 millions d’euros pour former davantage de soignants. Parmi les nouvelles mesures, elle souhaite développer la sécurisation des cabinets médicaux. Une initiative qui fait écho aux agressions subies par des personnels de santé. En 2024, ces dernières étaient en hausse de 24 %.
« On est désabusé par les ponctions de l’État, souffle Valérie Pécresse. Mais on ne veut pas sacrifier la qualité et l’ambition. C’est un budget de responsabilité. »