L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a confirmé mercredi la contamination quasi généralisée de l’eau sur le territoire français par un le TFA, un composé de la famille des polluants éternels PFAS. Le TFA utilisée par l’industrie pharmaceutique et agrochimique est issu de la décomposition de gaz fluorés. Ce polluant a été détecté dans 92 % des échantillons d’eau du robinet et d’eau brute analysés, allant des cours d’eau aux puits.
Est-il encore bon de boire de l’eau en France ? L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a révélé mercredi 3 décembre que l’acide trifluoroacétique (TFA) était présent dans 92 % des eaux analysées.
Ce polluant éternel de la famille des PFAS est, selon plusieurs études, nocif pour le foie et la fertilité et fait courir aux fœtus le risque de malformations.
Utilisé par les industries pharmaceutique ou agrochimique, il est extrêmement persistant dans l’environnement, mobile et capable de contaminer largement toute la chaîne alimentaire, solides comme liquides, et les organismes, rappelle l’AFP.
La concentration médiane en TFA est de 0,81 microgramme par litre d’eau et elle grimpe jusqu’à 20 microgrammes aux alentours de l’usine de TFA de Solvay à Salindres (Gard). Celle-ci a produit du TFA pendant plus de 40 ans, jusqu’en 2024.
Retrouvé dans les cours d’eau et l’eau du robinet
Le chiffre de 92 % provient de prélèvements dans 647 échantillons d’eau brute (cours d’eau, mares, lacs, eaux souterraines, puits, etc.) et 627 d’eau du robinet, sur tout le territoire, en métropole et Outre-mer.
« Nous étions un peu seuls, avec nos modestes moyens, à dénoncer ce problème », a affirmé à l’AFP François Veillerette, le porte-parole de l’association Générations futures, qui avait déjà réalisé des mesures de moindre ampleur. « Il est clair que l’alerte que nous avions lancée était justifiée. Les chiffres de l’Anses sont même pires que les nôtres ».
Un PFAS peu mesurer
En tant que « PFAS à chaîne courte », c’est-à-dire avec peu d’atomes de carbone, ce qui en fait une molécule très petite, le TFA est extrêmement difficile à extraire lors du traitement de l’eau et pratiquement indestructible.
Il n’y a aucune obligation à ce jour de mesurer sa concentration dans l’eau du robinet.
L’Anses a recherché dans l’eau la présence de 35 PFAS différents. Les 34 autres sont moins fréquents.
« Le problème est mondial »
L’Anses relève que la concentration la plus forte reste trois fois inférieure à la « valeur sanitaire indicative » retenue par le ministère de la Santé, en l’absence de réglementation actuellement, de 60 microgrammes par litre d’eau.
D’après Générations futures, cette pollution ne devrait faire qu’empirer.
« Les quantités vont augmenter puisque les sources de ce PFAS, de loin le plus répandu, restent les mêmes. Sur les gaz fluorés, on ne contrôle rien : le problème est mondial. Sur les pesticides fluorés, la France doit agir sur son territoire. C’est que nous demandons depuis des années ».