La réunion des ministres européens des Transports pourrait aborder la cohérence de la ligne au sein de l’UE, mise à l’épreuve par les abstentions grecque et chypriote sur la tarification carbone.
Le Conseil des ministres européens des Transports se tient à Bruxelles ce jeudi 4 décembre et des échanges informels pourraient porter sur la coordination de la position de l’Union européenne dans les négociations climatiques en cours à l’Organisation maritime internationale (OMI). Les discussions font suite aux récentes abstentions de la Grèce et de Chypre lors des travaux préparatoires sur un futur mécanisme mondial de tarification carbone appliqué au transport maritime, qui ont mis en évidence des divergences à l’intérieur du bloc.
Pour mémoire, le Comité de la protection du milieu marin (MEPC) de l’OMI a décidé de reporter d’un an l’adoption du Cadre Zéro Émission Nette, faute de consensus sur la tarification des émissions de gaz à effet de serre et sur la gouvernance du futur fonds climatique. Et ce, notamment, suite aux énormes pressions diplomatiques des États-Unis et de l’Arabie Saoudite.
Lors des dernières sessions de l’OMI, l’UE avait soutenu un cadre combinant tarification du carbone, carburants à faibles émissions et trajectoire alignée sur l’objectif de 1.5 °C. Les réserves exprimées par certains États membres ont toutefois limité la portée de la position commune.
La France devrait rappeler, dans ce contexte, l’importance d’une coordination interne renforcée avant les prochaines étapes des négociations. Paris souligne régulièrement la nécessité d’assurer la cohérence entre les politiques européennes, dont l’intégration du transport maritime dans le système d’échange de quotas d’émissions (EU ETS), et les travaux menés au sein de l’OMI. L’objectif est d’éviter des contradictions ou des signaux divergents entre les régulations européennes et les mécanismes internationaux en préparation.
La France souhaite également maintenir un dialogue actif avec plusieurs partenaires extérieurs à l’UE, parmi lesquels des grands pays émergents participant aux discussions sur les mesures climatiques maritimes, ainsi que les États insulaires du Pacifique, particulièrement concernés par les conséquences du changement climatique.
Aucun résultat formel n’est attendu lors du Conseil de ce jeudi sur le volet maritime, celui-ci ne figurant pas à l’ordre du jour. Les éventuels échanges devraient toutefois servir à préparer les réunions internationales prévues en 2026 et à préciser l’état de la coordination européenne sur ce dossier.
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