Au Golf du cognac, la vie s’écoule comme un long fleuve tranquille. Comme si de rien n’était alors que son avenir s’inscrit désormais en pointillé depuis l’annonce dela…
Au Golf du cognac, la vie s’écoule comme un long fleuve tranquille. Comme si de rien n’était alors que son avenir s’inscrit désormais en pointillé depuis l’annonce de la liquidation judiciaire, début novembre, du groupe savoyard Loisirs Solutions.
Filiale de la holding Earth and Sky Solutions, cette entreprise dirigée par Jean-Sébastien Muet, avait racheté à la ville de Cognac, en mai 2022, cet équipement qu’elle anime et gère autour de sa marque Emeraude Expérience, laquelle compte cinq golfs à son catalogue, dont celui de La Prèze à Rouzède.
Pour 2,5M€ (dont 2M€ d’emprunt), dans le cadre d’un montage juridique financier (1).
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Un rachat accueilli avec grâce à l’époque par le maire Morgan Berger, ravi de pouvoir renflouer les caisses de la ville avec cette opération, beaucoup moins par Philippe Durand, ancien président de l’association sportive et loisirs du golf (ASL) gestionnaire du club (équipes, école du golf, compétitions.), lequel estimait alors que le Groupe n’avait pas les capacités financières pour la porter.
« Les appels de cotisations pour 2026 tombent ce mois-ci, les adhérents veulent savoir où on va. »
« On voit aujourd’hui ce qu’il en est. Ce n’est donc pas une surprise. J’avais dit que c’était voué à l’échec, rappelle-t-il à nouveau. Il suffisait de se plonger dans les comptes de toutes ces entreprises pour le prédire. C’est arrivé, malheureusement pour le Golf qui va devenir quoi ? »
Un silence et une opacité qui pèsent
En la matière, c’est le flou total. Sur les greens, la question a beau être sur toutes les lèvres, elle demeure toujours sans réponse. Les dirigeants Loisirs Solutions, de Earth and Sky Solutions, comme de la SAS Golf Invest qui détient 49 % de la holding propriétaire du foncier, ont opté pour le silence malgré nos multiples demandes.
« On ne sait rien nous non plus, c’est bien le problème, confie de son côté, désolé, Marc Cordier, l’actuel président de l’ASL. On ne comprend pas ce silence et comment l’après n’est pas un souci au regard de ce qui se passe. À un moment, il va bien falloir éclaircir la situation, et vite car les appels de cotisations pour 2026 tombent ce mois-ci, les adhérents veulent savoir où on va ».
Et d’espérer des nouvelles lors de l’assemblée générale de l’association, le 12 décembre, tout en restant « assez optimiste » pour le devenir du golf « qui va forcément intéresser des investisseurs », veut-il croire.
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Ce malgré ses nombreux déboires, cette liquidation de Loisirs Solutions, mais aussi le départ de son directeur, qui a rendu son tablier il y a deux mois, ou encore la perte drastique du nombre de ses membres, « de 600 en 2020 à 360 l’an passé », selon Philippe Durand. Sans oublier des comptes dans le rouge ces deux dernières années.
Une image écornée
Un optimisme relatif partagé par les golfeurs croisés sur site, à l’image de Graham qui le fréquente depuis deux ans.
« Tout le monde dit que c’est bon malgré cette liquidation, alors on veut le croire d’autant que ça continue à jouer normal, sourit-il. On l’espère en tout cas car si ça devait fermer ce serait vraiment regrettable ».
« On n’imagine pas un tel scénario surtout, abonde Jean-Louis. Pour autant, il va falloir des annonces, ne serait-ce que pour faire taire les rumeurs et pour l’image du golf aussi qui risque d’en prendre un coup dans l’affaire ».
Ce qui est déjà fait, bien au-delà des frontières charentaises. Il n’est plus intégré aujourd’hui au réseau Golfy selon ce dernier qui regroupe 180 golfs en France, Belgique, Suisse, Espagne et Italie. Le fruit de ses déconvenues comme de l’opacité qui perdure autour de son état.
Jusqu’à quand ? L’autre question, sans réponse elle aussi.
(1) Propriétaire du foncier, la SCI Golf du cognac est détenue à 1 % par Loisirs Solutions et à 99 % par la holding Golf du cognac. Cette dernière, qui détient 100 % de la Sasu Golf du cognac qui exploite l’équipement, est dans les mains de Loisirs Solutions, à 51 %, les 49 % restants dans celle de la SAS Golf Invest détenue majoritairement par la holding JCV (Jean-Charles Vicard), le reste par quatre sociétés associées à son capital.