L’actualité de l’OGC Nice n’a rien à envier à une série Netflix. Chaque jour un nouvel épisode et des rebondissements qui s’enchaînent à un rythme effrené.

Sauf que ce qui se passe à l’intérieur du club depuis les débordements de dimanche soir est franchement dramatique et inquiétant.

La journée e ce mercredi a commencé avec un sacré contre-pied : alors qu’il avait trouvé un accord financier avec le Gym la veille pour un départ, Franck Haise a changé d’avis et décidé contre toute attente de poursuivre sa mission à l’OGC Nice.

« J’ai vraiment pensé à rompre mon engagement avec le club. Plus que penser, même. Mais je reste pour l’humain. Cette nuit, je ne dormais pas et je me suis dit que je ne pouvais pas lâcher », confirmait-il ce mercredi dans une interview à l’Equipe, calée sans le concours de l’équipe de communication du club.

Jean-Pierre Rivère

Un revirement qui surprend tout le vestiaire

C’est aux alentours de 3 ou 4h dans la nuit de mardi à mercredi et après un dîner avec son staff et ses proches qu’il a annoncé sa décision à ses représentants.

Puis à ses joueurs un peu plus tard dans la matinée. Ceux-ci ont été surpris et lui ont pour la plupart montré des marques de soutien, persuadés comme tout le monde au club que l’entraîneur se présentait à eux pour leur faire ses adieux.

Pour preuve, la veille, le directeur du centre de formation Julien Sablé avait été informé qu’il allait assurer l’intérim sur le banc et avait, selon nos informations, déjà commencé à travailler sur l’analyse d’Angers, l’adversaire de dimanche.

Pourquoi Franck Haise, qui traîne son spleen depuis plusieurs semaines et ne cachait plus une certaine impuissance à faire progresser son équipe, a-t-il fait volte-face ? « On doit assumer le défi que représente la situation, et je suis sûr de vouloir me battre », a répondu le Normand de 54 ans, lié au club depuis cet été jusqu’en 2029.

Une question de valeurs selon son entourage, pas d’argent. « Je n’ai rien demandé, j’étais prêt à m’asseoir sur mes 43 mois de salaire », a expliqué Haise auprès du quotidien national, sans oublier d’égratigner au passage sa hiérarchie et en particulier l’actionnaire Ineos, qui ont brillé par leur silence au cœur de la tempête des derniers jours. « Je reste pour que chacun assume ses responsabilités ».

Clauss aurait aussi décidé de porter plainte

Celles des autorités et surtout du club sont aussi clairement visées par les joueurs niçois, qui estiment d’une part avoir été jetés en pâture et ne pas avoir été suffisamment protégés dimanche et d’autre part que le Gym minimise ce qu’ils ont vécu.

C’est dans ce contexte qu’ils se sont soudés et réunis hier matin pour réfléchir à la suite à donner et faire passer leurs messages à la direction.

Les échanges tendus ont duré, si bien que la séance d’entraînement prévue à 10h30 a été retardée de plus de 2h, raccourcie (environ 45 minutes) et très allégée.

En fin d’après-midi, on apprenait par l’Equipe que Jonathan Clauss avait décidé de porter plainte contre X, comme l’avaient fait dès lundi ses coéquipiers Jérémie Boga et Terem Moffi, en arrêt maladie depuis.

Et puis un communiqué cinglant écrit par les joueurs et diffusé sur le site du club est tombé aux alentours de 21h30.

Visant « à rétablir la vérité sur les évènements récents », il réaffirme que « plusieurs joueurs et dirigeant (Florian Maurice) ont été directement victimes d’agressions physiques (multiples crachats et coups) et verbales », déplore « les défaillances constatées dans l’organisation et la gestion du dispositif de sécurité » et critique « le manque de prise en compte de la gravité de la situation, ainsi que le peu de soutien moral apporté, à titre individuel et public, aux joueurs victimes de blessures ».

Un dernier grief qui semble particulièrement adressé au président-directeur général Fabrice Bocquet, dont certains entourages ont pu regretter le manque d’empathie.

Son absence dimanche au centre d’entraînement n’a pas fait du bien à son image.

Le communiqué, lui, fait très mal à celle du club puisqu’il laisse entrevoir une institution, ou ce qu’il en reste, qui n’a plus aucune autorité.

Malgré des réunions qui s’enchaînent, on semble encore loin d’un retour au calme, alors qu’à la difficile digestion des récents évènements s’ajoutent aussi certaines manœuvres d’agent visant à sortir leurs joueurs de ce drôle de bourbier.

Et dire que dans tout ça, il y a un match à préparer…