Avec notre correspondante à Londres, Sara Menai

« Je fais ce métier depuis plus de trente ans et cela doit être l’une des deux ou trois pires récoltes de ma carrière, explique Roger, un agriculteur britannique. C’est un désastre. »

Depuis cinq ans, les saisons passent et se ressemblent pour les agriculteurs britanniques. Le grand coupable, c’est le climat et ses fluctuations : des hivers très pluvieux qui inondent les sols, puis des printemps et des étés secs qui les assèchent terriblement…

Cette année 2025 n’aura pas dérogé à la règle. Elle a même battu des records. La Grande-Bretagne a connu le printemps le plus chaud et le plus sec jamais enregistré et l’été le plus chaud depuis plus d’un siècle. Résultat : c’est la deuxième pire récolte depuis 1984 avec une production de blé, d’avoine, d’orge et de colza qui a chuté de 20% par rapport à la moyenne sur dix ans.

Une hausse du prix des denrées alimentaires

Aujourd’hui, comme Roger, les agriculteurs britanniques sont nombreux à ne pas atteindre leur seuil de rentabilité. Du côté des consommateurs, cette baisse des récoltes provoque une hausse du prix des denrées alimentaires : « Il va falloir importer de l’étranger pour fournir les supermarchés. Après, ces légumes acheminés, à l’arrivée, coûteront environ trois fois plus cher qu’une carotte produite à domicile. »

En 2025 au Royaume-Uni, le prix du beurre, du bœuf et du lait ont augmenté de 15,6% contre 2,8% pour les autres aliments. De mauvaises nouvelles pour des ménages britanniques déjà accablés par le recul de leur pouvoir d’achat.

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