Au Grand Huit, ce 20 novembre, ils sont tous là pour la photo, autour de la maire sortante. Les écologistes Gaëlle Rougier, Matthieu Theurier, le radical Honoré Puil, le communiste Yannick Nadesan, les Génération s Rozenn Andro et Olivier Roullier, les socialistes Sébastien Sémeril et Marc Hervé… Autant de personnalités qui figuraient déjà sur le cliché de la victoire le 28 juin 2020. De quoi inspirer le titre du dossier du Mensuel de Rennes, paru ce vendredi 4 décembre : « On prend (presque) les mêmes et on recommence ? »
Pour briguer son troisième mandat, la patronne de la capitale bretonne a choisi de s’appuyer sur le spectre large offert par sa majorité sortante et les personnalités qui la composent. Nouveauté : elle les a réunies dès le premier tour. De quoi alimenter les critiques de ses adversaires, qui fustigent « une coalition d’intérêts individuels » et une « union qui tourne en rond ». De quoi pointer aussi, la plasticité de sa stratégie. En 2020, la maire avait un mantra : le renouvellement par l’ouverture de sa liste à « la société civile ». Six ans plus tard, elle favorise un accord d’appareils politiques chaperonnés par des élus sortants. Appéré mise sur la stabilité, consciente que la prime au sortant peut être renchérie par la versatilité du contexte. Dans le contexte électoral rennais, sa majorité ratisse assez large pour l’installer dans une recherche de victoire dès le 1er tour.
Alors, on prend (presque) les mêmes et on recommence ? Ce sentiment est renforcé par le casting des opposants. Nathalie Appéré s’apprête à mener un deuxième round contre Charles Compagnon et Carole Gandon. Les deux adversaires de 2020, cette fois, partent unis.En termes d’offre politique aussi, l’ordre de bataille de 2026 ressemble à celui de 2020. Il compte une liste insoumise, menée par la députée Marie Mesmeur. Et une candidature du RN, emmenée par Julien Masson. Comme en 2020, les deux formations tenteront de dépasser la barre des 10 %, synonyme de maintien en triangulaire.
Nouveautés de la cuvée
Les nouveautés de la cuvée 2025 ? Elles apparaissent dans les dynamiques d’union dès le 1er tour chez les principaux prétendants. Elles résident aussi dans l’atomisation des challengers.
À gauche, il y a la présence d’Ulysse Rabatté. Le président de l’association Rennes commune n’a pas eu l’investiture des insoumis. Il a néanmoins choisi d’aller au bout de sa démarche de candidature, entamée en décembre 2024. De son côté, la formation communiste révolutionnaire Révolution Permanente, présente Erell Duclos, une étudiante de Rennes 2.
Rousseau en contact avec Reconquête
De l’autre côté de l’échiquier, le LR Thomas Rousseau semble également bien engagé dans la course, même s’il observe un silence médiatique depuis sa proposition de primaire à droite, émise il y a un mois et restée sans réponse. Officiellement toujours en discussion avec le duo Gandon-Compagnon, le leader de L’Espoir rennais, n° 2 de LR 35, a aussi noué des contacts avec Reconquête, l’écurie d’Éric Zemmour et Identité libertés, le microparti de Marion Maréchal, selon les déclarations des deux responsables locaux de ces organisations publiées par Mediapart le 28 novembre.
«
Il y a des discussions, on se connaît, a concédé Thomas Rousseau au média en ligne. Mais il n’y a pas d’accord d’appareils en vue des échéances municipales de 2026. On est sur une logique d’alliance de la droite et du centre ».