Ils le reconnaissent volontiers. Même unis, la marche pour gagner la ville en mars prochain, est « très haute ». Dans ce contexte, Charles Compagnon et Carole Gandon entament leur campagne en appuyant là où ça fait mal : l’aspiration (présumée) des Rennais à l’alternance, l’usure du pouvoir en place et la vacuité d’une alliance de gauche, présentée comme « l’union de gens qui ne sont d’accord sur rien à part le fait de garder leur place au chaud ».
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« Rennes ne mérite ni la peur, ni la résignation, martèle Charles Compagnon. La ville s’endort dans une routine du pouvoir. Le temps de l’alternance est venu. » Indice de ce besoin de changement ? Le succès de la pétition lancée par Compagnon sur l’avenir de la patinoire Le Blizz début novembre. Celle-ci avait recueilli plus de 7 000 votes en seulement quelques jours, se félicitait-on dans l’entourage du candidat Horizons.
Un programme qui s’affine
Pour le duo d’opposants, l’enjeu est à la mobilisation. Aux dernières municipales, en 2020, le taux d’abstention flirtait avec les 60 %. Comment faire bouger les gens vers les urnes ? Compagnon et Gandon comptent s’attacher à établir une liste de propositions pour les projeter dans une ville « durable, belle et accessible » mais aussi « rayonnante, sportive et culturelle ». Leurs propositions seront dévoilées dans les jours qui viennent.
L’insécurité y aura une place centrale, « mais cela ne fait pas un programme », assure Charles Compagnon, qui promet un projet bien « plus vaste », qui se déclinera sur « trois autres piliers : l’urbanisme, l’écologie et les transports ». Y figure déjà, notamment, la création d’une « brigade de tranquillité résidentielle », mise en place via la coopération avec les bailleurs et la police municipale, inspirée de celle de Montpellier. Poussés par Carole Gandon, le prolongement du métro et la création de parkings relais extra-rocades feront aussi partie des propositions.
Equation à plusieurs inconnues
Enfin, Charles Compagnon et Carole Gandon misent sur la versatilité du contexte. « Les choses bougent et elles bougent très vite. Et il est possible que les planètes s’alignent. » En termes politiques, la présence d’une liste LFI est susceptible de perturber les plans de la maire, espèrent-ils. « Elle pourrait bien passer au-dessus de la barre des 10 %, synonyme de triangulaire. Dans cette équation, on a une vraie chance de victoire », confiait Carole Gandon, le 13 novembre, juste avant la confirmation de la candidature d’Ulysse Rabaté, en concurrence de celle menée par l’insoumise Marie Mesmeur.
Pas de quoi faire les affaires du duo d’opposants. Autre inconnue, la candidature du LR Thomas Rousseau. Après avoir suscité une gêne prononcée avec sa proposition de primaire, le leader de L’Espoir rennais est toujours dans les starting-blocks à l’heure où nous bouclons. Selon le duo Compagnon-Gandon, les discussions avec lui se poursuivent. Manifestement, personne n’est prêt à assumer la responsabilité d’être le premier à les rompre.
