Par

Isabelle Villy

Publié le

5 déc. 2025 à 20h04

Après l’incendie qui a totalement détruit le Moulin Rose, le plus vieux dancing de France, à Belbeuf-Saint-Adrien, à côté de Rouen, l’exploitant des lieux, Mehmet Erden raconte ce désastre, parle de sa situation et de l’avenir du site.
Alors qu’il souhaitait rester discret, l’avalanche de commentaires sur les réseaux sociaux, l’ont décidé aujourd’hui à sortir du silence, après avoir « laissé dire ».

Un cœur de métier : l’immobilier

Dans les locaux de la société Erden, à Grand-Quevilly, Mehmet Erden se penche sur les semaines qui se sont écoulées depuis l’incendie du 16 septembre 2025 déplore tous ces commentaires négatifs le concernant, lui et ses affaires, l’accusant plus ou moins directement d’être à l’origine de l’incendie. « Mon entreprise est visible : un délinquant ne s’afficherait pas ainsi », lance l’homme d’affaires, dont le cœur de métier est l’immobilier.

Précisons toutefois que l’entrepreneur a par le passé était condamné en justice pour des faits de recel, travail dissimulé, blanchiment aggravé et abus de biens sociaux.

Pendant plus de dix ans, son groupe a racheté des sociétés, 28 au total, parmi lesquelles « des sociétés historiques importantes. Je suis issu d’une famille d’entrepreneurs, où on m’a toujours inculqué des valeurs de travail », plaide Mehmet Erden. « Je connais la misère, je sais ce que c’est. Je viens du bas de l’échelle et j’ai aujourd’hui un métier qui me plaît. Et depuis que la réussite est au rendez-vous pour moi, grâce au travail, je rends la pareille dès que je le peux », poursuit l’entrepreneur, qui tient toutefois à rester discret sur ses actions philanthropiques, estimant que cet engagement est « très personnel ».

Mais aujourd’hui, Mehmet Erden est dans l’incompréhension : « Je ne comprends pas qu’on veuille me faire passer pour un voleur. Ce qui m’est arrivé, c’est très grave. On ne peut pas se servir de cela pour évoquer d’autres affaires », assène le chef d’entreprise, qui fait ainsi référence à un fait dont il a été victime, quelques semaines avant l’incendie du Moulin Rose, quand en août dernier, en pleine nuit, une agression s’est produite à son domicile.

L’exploitant dénonce les amalgames

Existe-t-il un lien entre les deux affaires ? Mehmet Erden l’ignore et aucun élément d’enquête connu ne permet pour l’heure de relier ces deux affaires. Connaissait-il les auteurs des tirs sur sa maison ? Mehmet Erden affirme que non. Quant au jeune homme de 21 ans, interpellé le 18 novembre et qui a reconnu les faits pour l’incendie du Moulin Rose, Mehmet Erden confie, là encore, qu’il n’en sait pas plus et il déplore les amalgames faits entre ces deux affaires. « Les gendarmes ne me disent rien sur l’enquête », explique l’exploitant qui rappelle, haut et fort, qu’il n’aurait eu aucun intérêt, comme certaines rumeurs veulent l’accuser, à commanditer l’incendie du Moulin Rose.

Une offre de reprise avant l’incendie

« Il y avait une offre de reprise avant l’incendie et une grande soirée était prévue, avec près de 2 000 personnes. Une grosse livraison d’alcool avait d’ailleurs eu lieu, ce qui peut aussi expliquer pourquoi l’incendie a été si important », réagit Mehmet Erden, qui répond aussi à ceux qui, sur les réseaux sociaux, le soupçonnent d’une tentative d’arnaque à l’assurance : « Les assurances ont pris le relais dans cette affaire, oui, mais il faut savoir qu’une discothèque, ce n’est pas ce qui s’assure le mieux. Je serai perdant de toute façon par rapport à tous les travaux que j’ai réalisés et aux sommes investies. Je ne rentrerai ni dans mon argent ni dans l’énergie consentie dans ce projet du Moulin Rose », poursuit l’exploitant, visiblement écœuré et agacé par tout ce qu’il entend. Et il espère que toute la lumière sera faite sur cette affaire et qu’on saura un jour pourquoi le Moulin Rose a été incendié.

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« L’affaire du Moulin Rose a mis en péril la réputation de la société Erden »

Mehmet Erden espère que Le Moulin Rose, un « patrimoine culturel », pourra être reconstruit : mais pour ce faire, il estime qu’« il faudra la volonté des propriétaires des murs. Mais ce ne sera pas avec moi en tout cas », indique l’entrepreneur, qui confie que cette affaire est « un événement compliqué pour le groupe Erden, pour nos collaborateurs. Le Moulin Rose a mis en péril la réputation de la société ».

Une société dont il rappelle qu’elle a été « construite sur des bases solides. On a zéro endettement », conclut, avec force, Mehmet Erden.

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