« Un score à deux chiffres serait le minimum syndical. » Le 6 novembre, Julien Masson, patron du RN rennais, a officialisé sa candidature comme tête de liste du parti de Marine Le Pen dans la capitale bretonne, avec une ambition similaire à celle de 2020 : passer la barre des 10 % au premier tour, synonyme de maintien au second et d’entrée au conseil municipal de « la grande ville qui vote le moins à l’extrême droite en France ».

Pour Gilles Pennelle, cette caractéristique électorale est désormais révolue. « C’est de la Préhistoire », clame le chef de file régional du RN. « Rennes était alors encore un symbole de la ville où il fait bon vivre, cette image n’existe plus. Les dernières législatives montrent qu’un profond changement s’amorce. »

Des scores en hausse

Les dernières législatives, mais aussi la présidentielle de 2022 ou les européennes de 2024… Si l’on s’attarde sur ce scrutin, on note que le cumul des voix dévolues aux formations d’extrême droite (RN et Reconquête, le parti de Zemmour) a bondi de 86 % entre 2019 et 2024 (4 688 suffrages en 2019 contre 8 733 en 2024).

De quoi, effectivement, susciter quelques espoirs. Avec un bémol : la capacité du RN à mobiliser sur un scrutin local sur des thèmes où les autres candidats de droite sont déjà positionnés, comme l’insécurité. Aux municipales de 2020, la dynamique -déjà en cours- s’était brisée sur ce point. Le RN avait échoué à 4,2 % des voix (1 904 voix), en net reflux par rapport à 2014 (8,37 %, soit 4 949 voix).