Un tribunal de Pskov a ordonné vendredi le maintien en détention provisoire de cet homme politique âgé de 61 ans, membre éminent du parti Iabloko.
L’une des dernières figures de proue du pacifisme en Russie a été placée en détention provisoire vendredi, quelques jours seulement avant la fin de sa mise en résidence surveillée, a annoncé son parti. Lev Chlosberg, un membre éminent du parti Iabloko âgé de 61 ans, a été assigné à résidence à plusieurs reprises depuis juin à la suite de diverses accusations.
Un tribunal de Pskov, dans le nord-ouest de la Russie, a ordonné vendredi son maintien en détention provisoire jusqu’en février pour diffusion de fausses informations sur l’armée russe, juste avant sa libération prévue pour le 8 décembre, a expliqué Iabloko sur Telegram. Il était victime de ce que les défenseurs des droits humains appellent les arrestations «en chaîne», une pratique consistant pour le parquet à multiplier les chefs d’accusation afin de maintenir les prévenus en détention.
Dans le cadre de sa campagne militaire, la Russie a intensifié la répression contre les dissidents et les opposants, instaurant des lois de censure militaire strictes et condamnant les récalcitrants à des années de prison. Après l’annonce du tribunal vendredi, Lev Chlosberg a remercié ceux qui le soutiennent. «Amis, ne perdez pas espoir. La liberté est en nous. Je vous aime», a-t-il dit, dans un message diffusé sur les réseaux sociaux par son groupe de soutien.
Un critique de longue date du président Vladimir Poutine
Ce militant des droits de l’homme devra désormais faire face à un long procès pour de nombreux chefs d’accusation liés à ses opinions et restera en prison pendant toute la durée de celui-ci – une pratique courante en Russie pour les prisonniers politiques afin de les empêcher de fuir à l’étranger. Lev Chlosberg est un ancien député bien connu de Pskov et un critique de longue date du président Vladimir Poutine.
Iabloko est le seul parti enregistré en Russie à dénoncer le conflit qui dure depuis près de quatre ans en Ukraine. Deux autres membres importants de cette formation, Maxime Krouglov et Nikolaï Rybakov, sont également poursuivis en raison de leur pacifisme. L’organisation de défense des droits humains Amnesty International a déploré la pression croissante exercée par la Russie sur Iabloko.
«En vue des élections législatives de septembre 2026, les autorités russes démantèlent progressivement ce qui reste de l’opposition politique pacifique», a-t-elle écrit dans un communiqué. La plupart des figures de proue de l’opposition ont fui la Russie face à la répression. Des personnalités en exil ont reproché à Lev Chlosberg de ne pas avoir condamné l’offensive en Ukraine avec suffisamment de fermeté et d’avoir critiqué les contre-attaques ukrainiennes.