L’entraîneur de Montpellier trouve que son équipe n’arrive pas à passer le cap face aux formations de haut tableau, à l’image du match contre Pau, samedi 6 décembre.

On n’a pas reconnu votre équipe aujourd’hui, comment analysez-vous cette rencontre ?

Dans le contenu, c’était pauvre dans le jeu, et dans l’agressivité, on a eu beaucoup de difficultés, on était loin des joueurs de Pau, et parfois, même quand on y était, il fallait être à 3 pour pouvoir gagner des duels. Donc on a vu aujourd’hui une équipe qui jouait sa vie, qui voulait à tout prix sortir de cette spirale négative, en hachant le jeu, en restant parfois par terre, ça fait partie du jeu, de l’expérience. Et nous, on a joué un simple match aujourd’hui de Ligue 2, et ça ne suffit pas.

Est-ce que vous avez manqué un peu de vice par rapport aux Palois, sur le fait de gérer le rythme du match ?

Ce n’est pas spécialement du vice, mais si on avait fait preuve d’agressivité, de solidité, et qu’on avait ouvert le score, peut-être qu’il y aurait eu moins de joueurs par terre, et ils se seraient sentis beaucoup mieux pour pouvoir continuer à jouer. Donc c’est un rapport de force, il faut l’accepter, mais il faut vite apprendre.

Vous répétez souvent qu’en Ligue 2, il faut d’abord gagner les duels, c’est avant tout dans ça que vous avez pêché ce soir ?

Effectivement, notamment sur la première mi-temps. On a peut-être trop parlé de jeu, oublier l’essentiel. Il y a des ingrédients qui sont non négociables pour pouvoir commencer un match de haut niveau, et peut-être qu’aujourd’hui, on a laissé un peu de côté, et du coup, ça ne pardonne pas.

On va revenir aussi à ce vous répétez, c’est-à-dire que vous avez la première occasion, mais vous ne mettez pas au fond, et derrière, c’est vous qui êtes menés. C’est un scénario qui se répète très souvent.

Effectivement, mais marquer des buts, c’est ce qu’il y a de plus difficile dans le football. C’est un état d’esprit, il faut avoir envie de la mettre au fond. Il y en a qui sont payés très cher pour ça, il y a une raison. Marquer des buts, c’est compliqué, mais c’est un état d’esprit. Il faut vouloir la mettre au fond, il faut vouloir faire l’appel, s’arracher, se jeter, parfois de manière moins esthétique. Mais l’important, c’est que le ballon aille au fond.

C’est le domaine dans lequel on pêche aujourd’hui, parce qu’on n’a pas été bons aujourd’hui, on a un peu raté notre match. Surtout la première mi-temps, je trouve, moins la deuxième. Mais en étant moins bons, on peut quand même espérer faire nul, et nous, on n’y arrive pas.

Vous alignez toujours le même quatuor offensif, est-ce que ça ne devient pas trop lisible pour les adversaires ?

Ce sont des joueurs qui se dégagent. Après, je mets les joueurs que j’estime être les plus performants. Si j’avais le sentiment d’avoir plus performant, il y aurait une rotation et des changements. Vous prenez les équipes qui gagnent, il y a souvent les mêmes onze.

Vous êtes toujours à portée des cinq premiers au classement.

L’important, c’est de bien finir cette première partie, sans parler de classement. Parce qu’au final, le sport de haut niveau, ça ne pardonne pas, mais ça montre aussi réellement où est-ce qu’on se situe. Donc il faut être aujourd’hui clair. Dès qu’il y a cette opportunité, la possibilité d’être beaucoup plus haut. C’est un peu notre plafond aujourd’hui. Donc c’est une réalité, et c’est la réalité de notre équipe.

C’est pour ça qu’il faut être patient, il faut continuer à progresser. On a fait une très très bonne série, qui nous a permis d’avoir de l’enthousiasme et d’espérer des choses. Mais ça ne suffit pas. Il faut se battre au quotidien, il faut maintenir ce qu’on a bien fait de bien, le conserver, et vite améliorer les choses qu’on arrive à moins bien faire, si on veut continuer à être régulier et exister dans ce championnat.

Est-ce que c’est un coup d’arrêt pour toi ce soir ?

C’est un coup d’arrêt par rapport à la série qu’on faisait à domicile. Parce qu’on était sur une bonne dynamique à la maison, avec des matchs très intéressants dans le contenu, dans ce qu’on y mettait, dans l’intensité, dans les occasions créées, et les buts.