Attendu, et plutôt deux fois qu’une, le char de saint Nicolas ! Et pour cause : celui qui ferme le défilé composé de 44 éléments (chars, fanfares et compagnies de rue comprises), star du jour, trône sur un véhicule flambant neuf, directement sorti des ateliers municipaux cette année.
L’an dernier, c’est le char du boucher qui avait bénéficié du talent des dix « lutins » du service Décors au centre technique municipal. Cette année, et même dès janvier 2025, ces mêmes fabricants de rêve se sont consacrés à la vague porteuse qui mènera le saint jusqu’à bon port.
Car oui, ce mystère soigneusement entretenu jusqu’à la dernière heure, c’est une vague blanche. « Enfin, en réalité, chacun pourra y voir ce qu’il veut, corrige Tifanie Putz, chef du service. On a précisément cultivé le côté onirique pour que les imaginations fassent ce que bon leur semble. »
De mille feux
On ne peut toutefois s’empêcher de penser à Hokusai, dont le chef-d’œuvre, lui aussi, ourlait l’écume d’une vague haut perchée. Certains cependant y voient un nuage, les « nues » célestes depuis lesquelles l’homme-légende descend saluer les enfants en ce jour de fête. « Et on pourrait même y voir la barbe blanche de saint Nicolas ! » Dont les volutes viendraient chatouiller les esprits des spectateurs amassés sur les côtés.
On a, quoi qu’il en soit, pris l’exact contre-pied du char précédent dont les lignes géométriques suggéraient une certaine sévérité.
Ce nouveau « carrosse » est l’aboutissement de milliers d’heures de travail fournies par constructeurs et décorateurs, pour que se matérialise la belle idée. « Cela implique aussi une part d’improvisation, reconnaît Claire. On doit sans cesse s’ajuster à la réalité. Et comme toute la structure est rétroéclairée, on doit en plus faire en sorte que même l’intérieur soit joli à regarder ! »
Sans oublier d’y intégrer le cockpit pour le chauffeur, dont l’esthétique ne dépare en rien avec l’ensemble. « Pour éviter des rétroviseurs pas très heureux à l’œil, on l’a même équipé de caméras de recul », signale Tifanie. À quoi s’ajoute une trappe pour accéder aisément au moteur en cas de souci, sans oublier quelques cases pour y loger ses stocks de bonbons à distribuer.
Tulle, bonbons et gâteaux
Le tout se doit d’être assez solide pour accueillir un saint, trois marmots ressuscités, et éventuellement un photographe escamoté dans la vague. Sur une base métallique, il a d’abord fallu modeler le grillage à poule associé à du papier à bulle : du tissu résine recouvre le tout d’un ton crème brillant sur lequel s’agencent le tulle et ses effets vaporeux. Des nappes de LED ont ensuite été tissées à la surface de chacun des reliefs, complétant les réverbères plantés çà et là. Et le fameux rétroéclairage !
En outre, partout sont semés des petits pompons de tulle, faits main, ainsi que de (faux) biscuits et bonbons arborant, tout autant que la structure générale, un ton crème aux mille éclats. « Un ton un peu neutre, en effet, pour que dans tout cet ensemble, ne s’en détache qu’un : saint Nicolas dans son habit rouge écarlate ! » Un repère. Un phare pris dans la vague !