RMC Sport a passé la semaine aux États-Unis, en marge du tirage au sort de la Coupe du Monde 2026, qui débutera le 11 juin. A six mois du Mondial, avec une grande partie des matchs aux USA, les envoyés spéciaux de RMC réalisent un point d’étape de l’organisation américaine. 

Il ne fallait pas chercher de grandes affiches ou des publicités dans les rues de Washington sur le tirage au sort de ce Mondial 2026, il n’y en avait pas. Seulement quelques panneaux, avec les joueurs de l’équipes de France, dans le métro de la capitale américaine sur la vente de places pour la prochaine Coupe du Monde et des drapeaux de la FIFA à l’entrée des hôtels réservés pour les délégations rappellent qu’un événement a lieu. Au cœur de cette ville très institutionnelle, et qui ne recevra aucun match l’été prochain, le tirage est passé complètement inaperçu. 

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C’est globalement toute l’organisation de cette Coupe du Monde qui passe sous les radars. L’échéance est encore loin pour le grand public, et le football – le soccer aux USA – n’est pas du tout le sport favori du public américain. Ça sera l’un des gros défis des organisateurs, et de la FIFA, de réussir à pousser le public dans les stades en plein cœur du mois de juin. L’instance a déjà vendu plus de 2 millions de tickets pour la prochaine Coupe du monde en seulement quelques mois. Une très bonne base sur laquelle elle devra surfer pour réussir ce Mondial, l’été prochain.

Face à l’étendue de ce pays, de grandes questions se posent obligatoirement sur la fameuse « ambiance Coupe du Monde » qui pourrait apparaître dans les rues des grandes villes américaines l’été prochain. On sera très loin de l’atmosphère JO qui régnait au Qatar pendant le mois de compétition, avec l’ensemble des stades, des supporters et des équipes au même endroit. Cette année 2026, il faudra marcher, prendre des voitures, des taxis, prendre des avions pour regarder plusieurs matchs du Mondial. L’ambiance risque parfois de surprendre dans des villes qui ne sont pas du tout à taille humaine et avec des stades souvent éloignés du centre. L’absence d’un esprit Mondial, c’est l’un des gros dangers pour les supporters qui veulent venir soutenir une nation sur le territoire américain. C’est aussi l’une des raisons qui pousse certains à viser des matchs au Mexique, véritable temple du football et de l’ambiance populaire.

Une cérémonie d’ouverture annoncée comme grandiose

Le public peut se rassurer sur un point: le show à l’américaine sera là dans les stades de la prochaine Coupe du monde de football. Même si le tirage au sort a été étiré pour satisfaire certains diffuseurs, les quelques artistes qui se sont produits sur la scène du Kennedy Center ont ramené le sourire aux 42 sélectionneurs présents dans la salle. Et dans ce domaine d’organisation et de production d’un show, les Etats-Unis gardent une longueur d’avance sur les autres pays. Toutes les personnes de l’organisation rencontrées cette semaine à Washington promettent une cérémonie d’ouverture, en marge du premier match des USA, grandiose et à l’image de ce que le pays sait faire. En clair: vous en aurez plein les yeux. 

Mais pour s’offrir ce spectacle unique qu’est la Coupe du monde, il faudra sortir le chéquier. Comme expliqué par la FIFA depuis plusieurs semaines, les prix peuvent monter jusqu’à 5.500 euros pour la finale du Mondial. Le débat est donc ouvert chez certains supporters européens. Mais force est de constater que ce débat n’existe pas aux Etats-Unis. Et c’est un point essentiel pour la FIFA, qui mise tout autant sur les hospitalités dans ces stades du Mondial 2026. Le public américain a l’habitude de sortir un beau billet pour s’offrir des événements sportifs. Les prix ne choquent pas et à tel point que les prix pratiqués par la FIFA sont jugés convenables par plusieurs supporters rencontrés dans les rues de Washington. 

Ce sont surtout les déplacements entre les différentes villes de ce Mondial qui font, pour le moment, rugir les fans étrangers. Le diable se cache aussi dans les détails. Certains supporters vont sûrement autour de 150 dollars (129 euros) pour s’offrir une place de la Coupe du monde… Mais si ces mêmes fans veulent se rendre en voiture au stade, le prix des parkings autour des enceintes explose, atteignant pratiquement le prix de la place. Un sujet hautement sensible qui a poussé la FIFA à communiquer dessus et l’instance a même dressé un partenariat avec une entreprise spécialisée dans ce secteur. Dans tous les cas, ce Mondial coûtera aussi cher qu’au Qatar, si ce n’est pas plus. 

Enfin, et c’est peut-être l’élément qui saute le plus aux yeux de cette tournée américaine, Donald Trump sera bien de la fête en permanence pendant cette Coupe du monde 2026. Le président américain, omniprésent dans l’organisation de ce Mondial, donne son avis sur tout et souhaite aussi se servir de cet événement sportif pour son image. Mais plusieurs sujets de la politique quotidienne du président américain ont un impact immédiat sur l’organisation de cette Coupe du monde, comme par exemple les visas. Son arrivée sur le tapis rouge, sa petite danse sur YMCA ou encore sa prise de parole lors du tirage au sort rappellent qu’il faudra composer avec un événement qui va devenir – ou qui est déjà – politique.

Nicolas Pelletier, à Washington (Etats-Unis)