La quête de la jeunesse éternelle mobilise
aujourd »hui des millions de personnes à travers le monde. Par
conséquent, les techniques de médecine esthétique
connaissent un essor sans précédent depuis le début du siècle.
D’ailleurs, les statistiques révèlent une explosion des
interventions non chirurgicales aux États-Unis ces
dernières années.
Néanmoins, cette démocratisation soulève désormais des questions
troublantes sur les conséquences neurologiques et émotionnelles.
Une étude comparative sur deux jumelles apporte un éclairage
fascinant sur cette problématique contemporaine.
Quand le cerveau paie le prix de la beauté
L’American Society of Plastic Surgeons a
comptabilisé plus de 4 401 536 injections aux
États-Unis en 2020. En outre, ce chiffre représente une
augmentation de 459 % en vingt ans seulement. Face à cette tendance
massive, des chercheurs de l’Université de Californie
ont mené des examens approfondis.
Effectivement, la revue « Scientific Reports » a publié
en février dernier des résultats pour le moins inquiétants. Les IRM
réalisées sur dix femmes âgées de 33 à 40 ans démontrent que le
botox altère l’activité cérébrale. Plus
précisément, le gyrus fusiforme ne réagit plus
correctement à la vision d’un visage heureux. De surcroît,
l’amygdale subit également des perturbations
notables selon les observations scientifiques. Cette étude
troublante révèle ainsi un dilemme entre rajeunissement esthétique
et capacité émotionnelle naturelle.
Dix-sept années sous surveillance médicale révèlent des
contrastes saisissants
Dans le cadre d’une recherche longitudinale
exceptionnelle, deux jumelles ont accepté un suivi rigoureux.
Observées pour la première fois en 2006, elles présentaient alors
38 ans toutes les deux. À cette époque, l’une avait déjà subi au
moins 26 injections depuis l’âge de 21 ans.
En revanche, sa sœur jumelle n’avait reçu que quelques
injections sporadiques durant la même période. Par ailleurs, les
deux participantes ont déclaré utiliser régulièrement de la
crème solaire quotidiennement. Elles ont aussi
affirmé mener une vie relativement saine sans recourir au
rétinol anti-rides. En 2012, lors du dernier suivi
médical, les deux femmes atteignaient donc 44 ans. Le protocole
strict permettait ainsi une comparaison objective des effets du
botox sur le long terme.
Les résultats visuels parlent
d’eux-mêmes avec des différences marquées
La jumelle soumise aux injections régulières affiche des
pattes d’oie beaucoup moins prononcées
aujourd’hui. En comparaison, sa sœur présente des
rides du sourire et du front nettement plus
visibles. Le Dr William Binder, à l’origine de
l’étude, montre qu’il est probable qu’« un traitement à long
terme soit capable d’empêcher le développement de lignes
imprimées ».
Toutefois, ces injections ne sont pas sans risques potentiels
selon les spécialistes de santé. Il convient donc de consulter un
chirurgien esthétique avant toute décision d’ordre
esthétique définitive. D’autre part, pour celles qui ne peuvent pas
financer des injections de botox pendant autant
d’années, des alternatives existent. Certains
soins anti-âge à moins de 50 euros promettent
une mine éclatante digne de Kate Middleton.