Publié le
8 déc. 2025 à 6h36
Le tribunal administratif de Bordeaux a débouté la société qui porte le projet de réhabilitation de l’ancienne clinique privée Saint-Antoine de Padoue, non loin de la place de la Victoire, à Bordeaux (Gironde). Le 12 décembre 2016, le maire de l’époque avait donné son feu vert à un projet de construction de 68 logements, d’une école d’aides-soignants et de bureaux au numéro 28 de la rue Walter-Poupot. Le successeur d’Alain Juppé, Nicolas Florian (LR), avait finalement fait dresser le 19 juin 2020 un procès-verbal d’infraction aux règles d’urbanisme.
« Un cèdre de taille importante, situé côté cour, a été abattu le 11 juin 2020″, explique le tribunal administratif de Bordeaux dans un jugement en date du 15 octobre 2025 qui vient d’être rendu public.
Plusieurs infractions relevées
« Son maintien avait été prévu dans le cadre du permis de construire. Compte tenu de son essence, de sa taille et de son implantation au sein d’une cour fermée dont le sol était majoritairement imperméabilisé, il constituait une composante du site sur laquelle le projet était tenu de s’appuyer. »
D’autres infractions avaient aussi été relevées concernant les huisseries du projet immobilier. La société avait donc dû revoir sa copie et déposer une demande de permis de construire modificatif auprès de la mairie pour régulariser tout cela. Le successeur de Nicolas Florian (LR), Pierre Hurmic (EELV), l’avait rejetée en septembre 2022.
« Le cèdre d’origine, qui sera remplacé et complété par d’autres plantations, a été abattu en raison de son mauvais état sanitaire et du danger qu’il représentait, se défendait le promoteur. L’équilibre des plantations et des extérieurs reste le même. » Un « agrandissement des espaces verts » avait même été prévu avec ce nouveau projet.
« Les tuiles choisies permettent d’assurer une mise en valeur des bâtiments et une bonne intégration avec les toitures avoisinantes, positivait de la même façon son avocate Caroline Ferrer. Le recours à l’enrobé à la place du béton balayé pour les espaces de circulation n’a pas d’impact visuel. »
La tuile judiciaire pour le promoteur
Le tribunal administratif de Bordeaux lui donne raison concernant les 25 places de stationnement pour vélos sans couverture, en dépit du fait que le Plan local d’urbanisme (PLU) de Bordeaux Métropole impose des « espaces dédiés au stationnement des vélos » qui soient « protégés des intempéries » : le permis de construire initial délivré en 2016 par le maire l’autorisait et il est à présent « devenu définitif » sur le plan juridique.
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Quelque 70 à 80 mètres carrés vont aussi être restitués aux espaces verts ; le projet ne porte donc « aucune atteinte supplémentaire » aux règles d’urbanisme mais « rend au contraire la construction plus conforme ».
Un « nouvel arbre de même essence » que le cèdre abattu va aussi être planté et aura « un développement au moins équivalent », veut croire le tribunal administratif de Bordeaux. Des haies végétalisées ont également été prévues tout autour du local à poubelles.
Des produits de « moindre qualité »
En revanche, les juges reprochent au promoteur d’avoir « remplacé » ses « tuiles canal » – qui sont « caractéristiques des toitures bordelaises » – par des « tuiles de moindre qualité ». « La majeure partie des menuiseries étaient initialement en bois et en zinc, ce que le permis initial prévoyait de maintenir », notent-ils aussi. Or, le nouveau projet prévoit plutôt des « menuiseries en PVC » sur « nombre de façades » du bâtiment…
« Si la société fait valoir qu’il s’agit de façades de moindre qualité architecturale, leur remplacement fait cependant obstacle à la mise en valeur de l’immeuble alors que leur emploi est sans cohérence avec les autres éléments de la construction », considèrent les magistrats.
Ils ont donc conforté le veto de Pierre Hurmic au nouveau projet. La société, qui voulait temporiser dans l’attente du rapport d’un expert judiciaire mandaté en avril 2024, a jusqu’15 décembre 2025 pour faire appel de ce jugement.
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