Les Pays-Bas et l’Allemagne ont été les principaux épicentres de la demande européenne d’amandes de cajou provenant de la Côte d’Ivoire en 2024. Selon le dernier annuaire statistique des douanes ivoiriennes, la valeur des ventes vers ces deux destinations a atteint 88 millions d’euros (57,9 milliards FCFA) l’année dernière.

Dans les détails, les Pays-Bas ont été la première destination des noix ivoiriennes sur le Vieux continent, absorbant pour 46,6 millions d’euros (30,6 milliards FCFA) d’amandes, un niveau en hausse de 42,3% d’une année à l’autre et le second plus important derrière le Vietnam (104 millions €). Du côté de l’Allemagne, les importations se sont chiffrées à 41,4 millions d’euros (27,2 milliards FCFA), enveloppe en progression de 95,7% par rapport à 2023.

Une dynamique lancée depuis 2015

Ces chiffres viennent confirmer une croissance sur près d’une décennie, dans le sillage d’une montée en puissance de l’industrie ivoirienne de la transformation d’anacarde sur le marché mondial. En effet, avec la forte progression de la production et les investissements massifs sur le segment transformation, les exportations d’amandes ivoiriennes ont fortement progressé, passant de 13 500 tonnes en 2020 à 72 000 tonnes en 2024.

Le marché européen est devenu une destination privilégiée à cause de l’utilisation croissante de la noix comme substitut de protéines, ingrédient notamment dans les pâtes à tartiner à base d’amandes (comme le beurre de cajou), et comme en-cas salés et grillés. Cette tendance a stimulé la demande, par exemple dans la restauration, et fourni des opportunités économiques pour les opérateurs ivoiriens.

Depuis 10 ans, la valeur des importations allemandes a été multipliée par près de 10, en partant de 4,1 millions d’euros (2,7 milliards FCFA) en 2015, alors que celle des Pays-Bas a sextuplé. S’ils affichent d’importants niveaux de consommation interne, les deux pays servent également de plaques tournantes pour le commerce intra-européen de noix de cajou.  Selon les données du Centre néerlandais pour la promotion des importations des pays en développement (CBI), presque 70% de toutes les noix de cajou décortiquées importées aux Pays-Bas sont réexportées vers d’autres pays européens.

Des perspectives positives dans la durée

L’année 2024 a ainsi été historique pour les noix ivoiriennes, et l’épopée n’est pas près de s’achever sur le marché européen. Les observateurs estiment que la progression devrait se poursuivre, portée par plusieurs tendances. Les noix de cajou bénéficient en effet d’une visibilité croissante grâce à des campagnes publicitaires mettant en avant leurs atouts nutritionnels (protéines végétales, bons lipides, etc.), dans un contexte où les consommateurs recherchent des alternatives plus saines. La consommation à domicile contribue également à maintenir la cadence. À cela s’ajoute une préférence de plus en plus affirmée des Européens pour les noix grillées, un segment en croissance constante.

Dans cet environnement porteur, mais concurrentiel, notamment face au Vietnam, leader mondial avec 55% de la transformation, l’industrie ivoirienne poursuit sa montée en puissance pour consolider ses parts de marché en Europe. Le pays, qui ambitionne de transformer localement 50% de sa production d’ici 2030, accélère les investissements dans la modernisation des usines et mise sur plusieurs critères pour se démarquer, dont la durabilité et la certification. Selon les autorités du pays, les industriels ont acheté près de 650 000 tonnes d’anacardes au mois de mai 2025, contre un objectif de transformation de 400 000 tonnes fixé en début de campagne.