De Moscou à Paris, le message est clair.
Pour la presse russe, Matveï Safonov doit prendre le pouvoir au
PSG. Et pour y arriver, tous les coups sont permis, même les plus
bas envers ses concurrents et coéquipiers.

La campagne de lobbying venue de l’Est ne
faiblit pas, bien au contraire. Après avoir longtemps pointé du
doigt les tensions supposées entre Matveï Safonov et le défenseur
ukrainien Illia Zabarnyi, la presse russe a trouvé une nouvelle
cible pour défendre les intérêts de son protégé : Lucas Chevalier.

Au surlendemain de la large victoire du PSG contre Rennes
(5-0),
où le portier russe était titulaire suite à la blessure
du Français, le quotidien Sport Express n’a pas fait dans la
dentelle. Sous le titre évocateur « Le Mur Russe
! », le journal se livre à un véritable plaidoyer
pro-Safonov, n’hésitant pas à dénigrer ouvertement le gardien
numéro un actuel du club de la capitale.

Chevalier, l’homme à abattre ?

Le ton est donné : Safonov a
« saisi sa chance à 100% », là où Chevalier est
décrit comme un gardien aux performances « parfois
faibles », maintenu titulaire par un Luis Enrique qui
aurait « cessé de faire confiance » au Russe
sans raison valable. Le média va plus loin en affirmant, sans
détour, que « les supporters du PSG n’aiment pas
beaucoup » Chevalier, décrivant un joueur au
« visage triste » en tribune, conscient de son
impopularité supposée. Une vision très orientée qui vise à
légitimer un changement de hiérarchie immédiat. Pour Moscou, le
débat n’existe plus : Safonov est le héros, Chevalier est
l’obstacle.

Cette offensive médiatique s’appuie sur
la performance solide de l’ancien de Krasnodar face aux Bretons.
Auteur de deux arrêts décisifs à 0-0, dont un réflexe spectaculaire
sur une frappe déviée, Safonov a effectivement rassuré. Mais la
presse russe transforme cette prestation honnête en exploit
messianique, relayant complaisamment des commentaires de fans
parisiens sur les réseaux sociaux qui réclament sa titularisation
définitive. « Safonov est meilleur que Chevalier »,
« le Mur Russe », tout est bon pour créer une
dynamique d’opinion favorable et mettre la pression sur le staff
parisien avant le choc de Ligue des Champions contre
l’Atlético.

Le contexte explosif avec Zabarnyi en
toile de fond

Cette volonté de voir Safonov s’imposer à
tout prix s’inscrit dans un contexte géopolitique toujours aussi
lourd au sein du vestiaire parisien. L’absence d’Illia Zabarnyi
lors de ce match, officiellement pour
maladie,
a été perçue comme un soulagement par la presse
ukrainienne, ravie d’éviter l’image de son défenseur collaborant
avec un gardien russe. Sport Express note d’ailleurs avec
une certaine satisfaction que « Zabarnyi n’est pas entré
non plus », comme si le champ était enfin libre pour leur
champion. La cohabitation reste glaciale, marquée par le refus de
l’Ukrainien de fraterniser avec un représentant du pays
« agresseur ».

Le PSG se retrouve donc pris en étau.
D’un côté, une guerre froide interne entre deux nationalités
ennemies ; de l’autre, une pression médiatique russe qui pousse
fort pour installer Safonov dans les buts, quitte à déstabiliser
Lucas Chevalier. Luis Enrique, qui prône la concurrence saine, va
devoir gérer cette agitation diplomatique et sportive avec des
pincettes, car à Moscou, on a visiblement décidé que l’heure de
Safonov avait sonné.