Par
Jessie Leclerc
Publié le
9 déc. 2025 à 16h54
Au Rouen Métropole Basket, le centre de formation n’est pas qu’une obligation dictée par le cahier des charges professionnel. C’est aussi une façon de dénicher des talents locaux et de les former directement sur place. Comment ça se passe dans les coulisses ? Réponse ici.
Laisser sa chance aux Normands
Depuis quelques années, le club affiche la volonté d’accueillir majoritairement des jeunes normands dans son centre de formation. Sur les 24 joueurs cette saison, seuls trois ne sont pas de la région.
Le recrutement se fait surtout en première année de U18, avec l’objectif de « former des joueurs du coin pour qu’ils restent ici », affirme David Dubosc, responsable du centre de formation. Et il y a très peu d’élus, des milliers de demandes pour une vingtaine de places.
Un quotidien intense
Les journées au centre sont bien chargées. Âgés entre 16 et 21 ans, les jeunes enchaînent 10 à 15 heures d’entraînements par semaine, bien plus encore lors des vacances scolaires, et un à deux matchs par week-end.
Mais ils ne négligent pas leurs études pour autant. Ils étudient au lycée ou à la fac qui s’adaptent à leurs horaires. La plupart sont au lycée Val de Seine, au Grand-Quevilly, habitué à accueillir des sportifs. Le soir après leurs cours, ils ne rentrent pas chez eux, mais filent tout droit au Kindarena pour leurs entraînements.
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« Les cinés ou les sorties entre copains, ce n’est plus possible à ce niveau », explique David Dubosc, responsable du centre de formation. Mais les places sont chères, alors tous restent sérieux.
Un esprit de famille
Pour beaucoup, le centre de formation devient comme « une deuxième famille », affirme David Dubosc. Le responsable, lui-même passé par ce parcours, sait combien cette expérience marque : « On s’en souvient toute sa vie, surtout quand ça réussit. »
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Et pour que chacun puisse évoluer au mieux, même les joueurs professionnels s’impliquent. « Le meilleur entraînement, c’est d’écouter les pros, leurs conseils et de jouer avec eux », sourit David Dubosc.
Loris Duponq, 18 ans, apprécie cette ambiance. « Ce que j’aime ici, c’est le côté familial », assure-t-il. Passé par le centre de formation de Dijon, il mesure la différence. « En U18, on se voit tous les jours, c’est important que l’on s’entende bien, comme ici. »

Loris a eu la chance d’intégrer le centre de formation du RMB. Sur le terrain, du haut de ses 2,10 mètres, il se démarque. (©JL/76actu)
Côté coaching, Mattéo Portello (U18), formé directement par le centre, et Kévin Chapel (Espoirs) s’adaptent aux profils. « On suit entre 12 et 16 heures entraînements collectifs par semaine, mais ils ont aussi tous un accompagnement personnalisé », explique Kévin.
« Le sport a changé »
Pour David Dubosc, l’accompagnement des jeunes est d’autant plus important aujourd’hui que, selon lui, « le sport a changé ». Il constate que le basket actuel n’a plus rien à voir avec celui d’il y a 20 ans : « Tout est plus physique, plus athlétique. On leur demande beaucoup plus de choses. Avant un gars qui sautait super haut, on le voyait. Aujourd’hui, c’est la norme. Il y a du très haut niveau, donc il y a plus de pressions, plus de risques de blessures, etc. ».

Mattéo Portello (coach U18), Kévin Chapel (coach Espoirs) et David Dubosc encadrent les jeunes du centre de formation. (©Document transmis/RMB)
Chaque saison commence donc par une batterie de tests médicaux, dont des tests cardiaques, un accompagnement nutritionnel et de la prévention des blessures. Un autre contrôle à lieu au retour des vacances de Noël. « C’est réglementaire, mais surtout indispensable pour minimiser les risques sur le terrain », tient à ajouter David Dubosc.
Heureusement pour le club, les infrastructures au sein du Kindarena sont à la hauteur. « C’est idéal ici, on a même une salle de musculation considérée comme l’une des plus belles de France », se réjouit le responsable.
Former des joueurs et des hommes
Le projet dépasse l’aspect technique. « Peu deviendront vraiment pros, si on en sort deux tous les trois ans c’est déjà bien », rappelle David Dubosc. L’enjeu est ailleurs. Le centre cherche à construire des individus autonomes.
Le but c’est qu’ils évoluent sur le terrain, mais aussi autant qu’homme.
David Dubosc
Responsable du centre de formation du RMB
« On prend le relais des parents quand ils arrivent à 14-15 ans, explique Mattéo. On leur apprend à gérer leurs émotions, les frustrations. On est des entraîneurs, mais aussi des éducateurs ».
Loris, sait justement que l’aspect moral est fondamental dans son parcours. « Mon objectif c’est devenir Pro B voire Pro A, n’importe où. Je dois prendre sur moi-même et rester sérieux », explique-t-il.
Le centre de formation fonctionne sur un budget compris entre 150 000 et 180 000 euros par an, soutenu par la Région et le club. Une petite part sur les 3,5 millions d’euros de budget du RMB, mais un investissement nécessaire pour voir évoluer ces jeunes.
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