C’est une pomme de discorde tenace à l’Université de Strasbourg : les droits d’inscriptions différenciés auxquels sont soumis les non-Européens. Un cadre réglementaire national initié par la loi « Bienvenue en France » qui, pour ces derniers, fixe les frais d’inscription à 2 770 euros en licence et 3 770 euros en master, contre respectivement 178 euros et 254 euros pour des étudiants européens.

L’Université de Strasbourg procède à certaines modalités d’exonération, mais le seuil légal des 10 % ayant été dépassé, plusieurs étudiants y restent assujettis. Selon l’Université, sur quelque 8 000 étudiants extracommunautaires, 388 sont concernés par ces frais jugés exorbitants par une vingtaine de syndicats, collectifs et organisations politiques qui appellent à une manifestation devant le bâtiment de présidence de l’Université ce mercredi 10 décembre à 13 h.

Mot d’ordre : « s’opposer aux désinscriptions forcées » d’étudiants n’ayant pu s’acquitter de ces frais. « Ces étudiants voient leurs accès numériques universitaires coupés du jour au lendemain, sont empêchés de suivre leurs cours, ou encore de passer leurs examens. L’Université condamne également celles et ceux voulant renouveler leur titre de séjour à être en incapacité de justifier leur situation d’étudiant auprès de la préfecture, les plaçant irrémédiablement sous situation d’OQTF », dénoncent les organisations appelant à la manifestation.

Plus de 150 désinscriptions selon les syndicats étudiants, 37 selon l’Université

« Plus de 150 » étudiants seraient concernés selon les syndicats étudiants. Chiffre que l’Université dément. « Au 8 décembre, 37 étudiants ont vu leur inscription administrative annulée. Il s’agit d’étudiants n’ayant jamais répondu aux courriers de relance et n’ayant ni payé leurs droits d’inscription, ni mis en place un échéancier », souligne l’Université qui dit « appliquer la loi ». Le 24 novembre dernier, 104 courriers ont été adressés à des étudiants qui ne s’étaient pas acquittés de leurs droits. La soixantaine d’étudiants inscrits dans un échéancier avec incidents de paiement « ne font pas l’objet, pour l’instant, d’une procédure d’annulation d’inscription administrative », fait savoir l’Université sans préciser les suites qui seront données.

« Nous demandons à la présidence de revenir sur sa position et de trouver une solution pour les étudiants concernés » écrivent les signataires d’un communiqué réclamant l’abolition des frais différenciés.