Il aura fallu attendre près de dix mois pour que la machine se mette en route. Dix mois après qu’un garçon de 8 ans placé dans un foyer de l’aide sociale à l’enfance (ASE) dans le XIIIe arrondissement de Paris se soit fait raser la tête en guise de « sanction » par des éducateurs, un contrôle est en cours dans l’établissement.

La Ville de Paris, qui déplorait ce mardi suite aux révélations de l’affaire par France info « des manquements inacceptables », procède ce mercredi matin à une inspection au sein de la structure, comme nous le confirment les services municipaux.

La Ville a saisi la justice. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour « violences volontaires sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité », confiée au commissariat du XIIIe arrondissement.

Ce mardi la ville annonçait avoir « décidé de saisir sans délai l’autorité judiciaire afin que des suites y soient données et (qu’elle) se constituera également partie civile le cas échéant ». Par ailleurs, elle indiquait avoir « diligenté des enquêtes administratives en utilisant son pouvoir d’inspection et de contrôle ». « L’association vient d’apporter des premiers éléments de réponse, notamment le renouvellement de l’équipe et du chef d’équipe », avaient ajouté les services de la ville.

La défenseure des droits se saisit du dossier

Plus tôt dans la matinée, ce mercredi, Claire Hédon, la Défenseure des droits, a annoncé que son institution allait « s’autosaisir » de ce dossier qui révèle de multiples défaillances au sein de la protection de l’enfance parisienne.

Tandis que la ministre de la Santé Stéphanie Rist a déclaré sur X avoir saisi le procureur de Paris. « Je condamne fermement ces faits inacceptables. Raser les cheveux d’un enfant comme sanction est une atteinte grave à sa dignité. C’est la raison pour laquelle je saisis le procureur de Paris. Les enfants confiés à la protection de l’enfance doivent être respectés et protégés, jamais humiliés », a-t-elle annoncé.

Les faits remontent à février dernier, dans un foyer de la capitale géré par l’ASE de Paris. Eliott (le prénom a été modifié), alors âgé de 8 ans, aurait été contraint par des éducateurs de se faire raser le crâne en guise de sanction. Plus choquant encore : la scène a été filmée et diffusée sur un groupe WhatsApp où l’enfant était moqué, sans qu’aucun membre n’alerte sa hiérarchie. C’est l’avocat de la mère d’Eliott qui, en septembre, a signalé ces faits aux autorités compétentes.

Selon la ville de Paris, ces faits « gravissimes » se sont déroulés en février 2025 au foyer éducatif Jenner, géré par l’association Jean-Coxtet et qui accueille des mineurs et jeunes majeurs placés par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) à Paris.