La droite lyonnaise en zone de turbulences à quatre mois des élections municipales. Mardi, Étienne Blanc, figure locale, a été exclu du groupe « Cœur lyonnais ». Cette structure siégeant au conseil municipal autour de Pierre Oliver porte la candidature de Jean-Michel Aulas à la mairie de Lyon.
Son exclusion, le sénateur Les Républicains (LR) la doit à sa sortie du même jour sur Public Sénat. Interrogé sur un éventuel rapprochement entre droite et extrême droite, l’élu répond : « Pour moi, c’est une évidence. »
« Il n’y a pas d’autre solution que de rassembler toutes les droites », suggère Étienne Blanc, pour qui « le terme d’extrême droite ne veut plus rien dire ». Et le conseiller municipal de suggérer « une alliance programmatique », mais pas une alliance d’appareils.
Cette position, source de divisions au sein de LR, n’a pas été du goût de Jean-Michel Aulas. « Toute ma vie, j’ai construit sans jamais céder aux extrêmes. C’est une question de cohérence, d’histoire familiale et personnelle, d’engagements », a écrit mardi l’ex-président de l’OL sur X.
Et l’entrepreneur à succès d’ajouter : « Je parlerai toujours à toutes les Lyonnaises et à tous les Lyonnais, sans distinction. Mais jamais, jamais, je ne conclurai le moindre accord avec les extrêmes. Lyon, la ville de Jean Moulin, nous rappelle ce que deviennent les sociétés quand on entrouvre la porte aux dérives. L’histoire nous a appris où mènent ces renoncements : nous ne les accepterons jamais. »
« Ça ne change rien sur le fond »
Pourtant proche d’Étienne Blanc, Béatrice de Montille, a elle aussi fait le choix de se désolidariser des propos du sénateur. « Mon engagement n’a jamais varié : je sais d’où je viens et où je vais. Au plan national, notre responsabilité est de reconstruire notre famille politique sans jamais nous perdre, prévient-elle, également sur les réseaux sociaux. À Lyon, notre projet est clair et rassembleur. Il ne fera aucun compromis sur ce que nous sommes. »
Étienne Blanc a assumé sa prise de position sur BFM Lyon ce mercredi. « Parfois en politique, il faut savoir s’éclipser devant les génies insoupçonnés… J’ai pris acte de cette exclusion. Ça ne change rien sur le fond de mes convictions », assure-t-il.
Malgré sa mise à l’écart, l’élu rhodanien n’en reste pas moins un soutien fidèle de Jean-Michel Aulas, le « seul qui peut gagner Lyon » à ses yeux. Si l’on en croit les derniers sondages, l’entrepreneur fait office de grand favori, loin devant le maire sortant, l’écologiste Grégory Doucet.