Par
Inès Cussac
Publié le
11 déc. 2025 à 6h44
Au cœur du quartier du Petit Nanterre en pleine mutation, le nouvel ensemble d’immeubles tout juste livré par RATP Habitat, le 1er décembre 2025, ne détonne pas. Il est à l’image de ce morceau des Hauts-de-Seine à deux pas de l’A86 et dont le nouveau programme de renouvellement urbain (NPRU) vise à en faire un îlot de fraîcheur. Il est aussi le reflet de la politique immobilière de la RATP qui s’est intensifiée sous l’ère Castex, dans un contexte d’ouverture à la concurrence des transports en commun en Île-de-France. « La RATP fait de l’immobilier social depuis près de 100 ans mais l’ambition est renforcée depuis trois ans », souligne Claire Goudineau, directrice générale de la filiale immobilière sociale de la Régie.
Les 91 nouveaux logements aux façades à ossature bois qui ont remplacé l’historique cité des Potagers à Nanterre, constituent l’une des 156 résidences dont dispose la RATP Habitat. Pour l’heure, elles se situent toutes à Paris et en petite couronne mais le parc devrait s’élargir afin d’accompagner le développement des nouvelles lignes de métro et tramway. « Nous avons pour ambition de construire 2 450 logements sociaux d’ici dix ans pour accroître l’offre de logements notamment au profit des agents de la RATP », précise aussi Claire Goudineau. Pour accompagner cette volonté, les investissements devraient passer de 60 à 130 millions d’euros.
S’installer là où travaillent les agents
Avec cette résidence nanterrienne baptisée Olympe de Gouges, la RATP Habitat s’installe près du RER A, du T2 et du futur T1, dont le prolongement est encore en phase d’étude. Au total, près de 5 000 agents de la Régie travaillent à Nanterre et notamment au centre bus RATP Défense Ouest. Certains d’entre eux ont d’ailleurs pu emménager début décembre dans les nouveaux appartements répartis en 21 logements sociaux, 35 logements intermédiaires et 35 logements en accession en Bail Réel Solidaire.
« Aujourd’hui, le groupe construit des logements pour 867 familles de salariés par an et l’objectif est d’en loger 1 200 en 2027 », fait savoir Claire Goudineau, ajoutant que 93 % des agents de la RATP demandeurs de logements ne sont pas à des postes où le télétravail est envisageable. Un élément que la RATP Habitat tente de prendre en compte lorsqu’elle crée des logements afin de les localiser à proximité du lieu de travail.
Un large panel de diversification
Outre la construction de logements sociaux et intermédiaires, la filiale de la RATP promeut sa diversification grâce à la vente de logements privés. La création des huit nouveaux immeubles de trois à six étages du Petit Nanterre, sortis de terre grâce à Paris-Ouest Construction avec la collaboration du cabinet Badia Berger Architectes, veut ainsi « démontrer la qualité de la maîtrise d’ouvrage sur des opérations complexes » de la RATP Habitat. Les certifications garantissant une qualité élevée de la construction ou encore l’attention portée aux logements avec des double et triple orientations par exemple sont brandies comme gage de savoir faire.
En 2021, la Régie avait lancé sa filiale RATP Solutions notamment pour compenser la perte de l’exploitation de 30 % des lignes de bus dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des transports en commun en Île-de-France. Comme l’habitat, elle a aussi renforcé ses activités liées aux nouvelles mobilités, à la télécommunication, au patrimoine immobilier et à l’énergie. Du 16 au 19 décembre d’ailleurs, le Conseil de Paris doit valider la décision de la Ville d’attribuer la gestion de son réseau de chaleur à Dalkia, une filiale d’EDF, qui s’est associée avec Eiffage et la RATP. Selon Challenges, de ce contrat à 3,4 milliards d’euros d’investissements pourrait découler 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur 25 ans, reflétant un autre aspect de la diversification de la Régie.
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