« Cette poussette est le reflet de la société française. Et c’est moche… ». Le 7 octobre dernier, Charlotte Billot, maman de deux enfants, a témoigné sur LinkedIn des difficultés qu’elle rencontre pour circuler dans le métro parisien et ses nombreux escaliers avec la poussette de son petit dernier. En quelques semaines, sa publication a cumulé plus de 3 000 « j’aime » et quelque 700 commentaires, attirant l’attention de la RATP, qui l’a reçue dans ses locaux fin novembre.

« Je peux affirmer que les usagers du métro n’ont aucune EMPATHIE, voire aucun RESPECT. J’y ajoute que les agents de la RATP que j’ai pu croiser en station dans des escaliers, ne m’ont jamais aidée », écrivait début octobre Charlotte Billot, dépitée par l’absence de solidarité entre usagers des transports en commun.

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« C’était une situation que j’avais déjà remarquée avec mon premier enfant. Mais cette fois, c’était un trop-plein », retrace-t-elle au Parisien. « Avec ce post, je voulais juste dire que j’étais inquiète qu’il n’y ait plus de considération entre les usagers. Et je m’incluais dans ce constat », poursuit cette Parisienne, qui dit emprunter le métro « au moins depuis qu’(elle) sait marcher ».

« Souvent, les gens sont sur leur téléphone et ne font pas attention. Il y a aussi des situations, comme dans les escaliers, où les gens ne sont pas occupés mais ne se mobilisent pas pour venir en aide », juge cette maman. Dans ces cas-là, on vit « un beau moment de solitude », ironise Charlotte. « Ce n’est pas pareil dans d’autres pays, soutient-elle. À Barcelone, par exemple, les personnes se levaient dès qu’ils me voyaient avec la poussette ».

Des centaines de réactions

À Paris, seule la ligne 14 est accessible aux personnes à mobilité réduite (PMR). Par ailleurs, 29 des 303 stations de métro de la capitale sont aujourd’hui entièrement accessibles, selon les chiffres d’Île-de-France Mobilités.

Rapidement, le témoignage de Charlotte reçoit des centaines de réponses. « J’ai été complètement dépassée par les réactions. Je me suis dit que j’avais mis le doigt sur quelque chose, qu’il y avait un véritable sujet », confie-t-elle.

Face à la viralité du post, RATP repère la publication et se met à répondre à quelques commentaires. « Je leur ai écrit pour les remercier de répondre et leur dire que ma publication n’était pas dirigée contre eux. Ils m’ont proposé de me recevoir au siège », raconte la maman.

« Un échange nourri »

Charlotte a ainsi été reçue dans les locaux du XIIe arrondissement le 27 novembre. Auprès du Parisien, la RATP décrit « un échange nourri au cours duquel cette voyageuse et jeune maman nous a partagé des idées et suggestions ».

Cette cadre dans le conseil a en effet profité de ce rendez-vous pour soumettre à la régie de transports plusieurs propositions pour faciliter le quotidien des usagers qui se trouvent dans la même situation qu’elle. « À Londres ou à New York, les personnes à mobilité réduite et les femmes enceintes peuvent obtenir un badge qui leur permet d’avoir accès à une place assise. On pourrait imaginer la même chose à Paris », suggère-t-elle notamment. Selon Charlotte, la RATP s’est montrée « ouverte » et à l’écoute de ses idées.

En somme, c’est « l’histoire folle d’une poussette qui fait réagir un mastodonte », résume cette maman parisienne dans une nouvelle publication LinkedIn mise en ligne début décembre.