Elle est conçue, notamment en cas d’indisponibilité du réseau électrique terrestre, pour alimenter en énergie le porte-avions français lorsqu’il est à quai aux appontements Milhaud ou en cale sèche aux bassins Vauban. Une nouvelle centrale de production électrique a été inaugurée le jeudi 11 décembre à Toulon. Un équipement qui se distingue par de grandes fresques peintes sur ses murs, rendant hommage à l’histoire de la Marine nationale, qui célèbre en 2026 les 400 ans de sa création.

Cette nouvelle centrale de production, dite « CDP », a fait l’objet d’un important chantier débuté en janvier 2023 dans le cadre du programme d’infrastructure RENOVELEC, visant à moderniser les installations électriques de la base navale de Toulon. Elle a été réalisée sous la maîtrise d’ouvrage du Service d’Infrastructure de la Défense Méditerranée (SID MED).  Cette installation s’intègre dans un ensemble comprenant les stations de conversion de Vauban et de Milhaud actuellement en service pour constituer un nouveau réseau d’alimentation 6300V-60Hz totalement dédié au porte-avions. Les installations électriques historiques sont préservées et consacrées au reste de la flotte, dont les besoins en énergie à quai augmentent significativement. 

 

 

Les anciennes installations (CDR) et la nouvelle CDP en arrière plan. 

 

Les anciennes installations (CDR). 

 

La CDP doit contribuer à la résilience de la base navale et des bâtiments qui y sont stationnés en cas d’indisponibilité accidentelle, ou provoquée, du réseau électrique classique. « L’objectif de ces installations est de répondre au besoin de fiabilisation des sources et de la distribution des réseaux haute tension de la base navale de Toulon exprimé par la Marine nationale, dans le cadre exigeant de la sureté nucléaire. La centrale de production constitue désormais une source d’alimentation électrique de repli quasi infaillible pour le porte-avions Charles de Gaulle qu’il soit stationné à Milhaud VI ou en zone Vauban. Sous réserve du recomplétement en carburant, ses groupes électrogènes sont capables de palier à la perte du réseau public RTE ou à une avarie sur les stations de conversion du porte-avions avec le niveau de fiabilité requis, le besoin de puissance nominal et toutes les exigences imposées par la sureté nucléaire et la cyber sécurité », a expliqué l’ingénieur général de 2ème classe Pierre-Jean Rondeau, directeur du SID MED, lors d’un discours à l’occasion de la cérémonie d’inauguration, à laquelle a assisté pour Mer et Marine Francis Jacquot. 

 

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La cérémonie d’inauguration du la nouvelle centrale de production (CDP) le jeudi 11 décembre. La plaque a été dévoilée par l’ingénieur général de 2ème classe Pierre-Jean Rondeau, directeur du SID MED et le capitaine de vaisseau Pierre Suleau, commandant la base navale de Toulon.

 

l’ingénieur général de 2ème classe Pierre-Jean Rondeau, directeur du SID MED. 

 

L’IGA a souligné que « la construction d’une telle installation dans ses différentes composantes et avec ce niveau de complexité n’a rien de banal et a nécessité un savoir-faire peu répandu porté par le SID et ses partenaires industriels ». Il a notamment fallu installer 120 pieux sécants de forte profondeur, en zone marécageuse, pour réaliser les fondations du bâtiment, ainsi que l’enfouissement de cuves à gasoil de très forte capacité, qui alimentent les groupes électrogènes, de fabrication française, équipant la centrale. Ces groupes « exceptionnels par la puissance délivrée ont été particulièrement éprouvés lors des phases d’essais et de qualification indispensables pour la remontée de la conformité requise par les autorités de sureté nucléaire ». 

 

L’intérieur de la centrale. 

 

Complexe techniquement mais aussi en termes de coordination, car il a été mené dans une zone militaire protégée et en activité, le chantier a représenté environ 25.000 heures de travail pour un investissement de 15 millions d’euros. Il permet aussi de mettre à niveau les installations électriques dans la perspective de l’accueil, à partir de 2035, du porte-avions de nouvelle génération. 

Ce projet présente par ailleurs une originalité puisqu’il comprend une dimension artistique, le bâtiment ayant été décoré de fresques réalisées par le consortium d’artistes Graphikart, implanté à La Seyne-sur-Mer et par l’illustrateur Daniel Bechennec. Des grands vaisseaux des débuts de la « Royale » à l’actuel porte-avions et au général dont il porte le nom, en passant par la frégate Hermione, les premiers bâtiments ajoutant la vapeur à la voile puis l’époque des cuirassés, mais aussi l’aéronautique navale depuis un vieux biplan jusqu’au Rafale, ces œuvres rendent hommage à l’histoire de la Marine nationale. 

 

 

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Les fresques peintes sur la nouvelle CDP.

 

Pendant les travaux de création des fresques. 

 

Celle-ci célèbre en effet, en 2026, les 400 ans de la signature de l’édit de Saint-Germain-en-Laye, par lequel Richelieu institua en France une marine d’État permanente et organisée sous un commandement unifié. Divers évènements sont prévus dans ce cadre pendant l’année qui vient, dont une démonstration de la flotte aux abords de Marseille le 8 mai prochain (voir le programme des temps forts de cette année de célébration ci-dessous).