Saraba Diane, qui s’est défini lui-même comme un «petit trafiquant», avait tué un jeune Tchétchène d’une balle dans la tête et blessé son frère près d’un point de deal à Rennes en 2021.
Un homme a été condamné vendredi à une peine de 25 ans de prison pour avoir tué un jeune Tchétchène d’une balle dans la tête et blessé son frère près d’un point de deal à Rennes en 2021 sur fond de rivalités entre narcotrafiquants.
L’accusation avait demandé une peine de 27 ans de réclusion, assortie d’une période de sûreté de 15 ans, contre Saraba Diane, qui s’est défini lui-même comme un «petit trafiquant» et a répété tout au long du procès qu’il n’avait pas l’intention de faire usage de son arme le 17 mars 2021. Son coaccusé Lansana Diakhaby, âgé comme lui de 26 ans, a été reconnu coupable de complicité de meurtre et tentative de meurtre pour ces faits et condamné à dix ans de prison par la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine.
Saraba Diane a affirmé qu’il n’avait fait que se défendre lorsqu’il a mortellement blessé la victime, Khamzat Labazanov, puis touché plus légèrement son frère Souleyman. Il a maintenu tout au long du procès, ouvert lundi à Rennes, qu’il voulait juste «avoir une discussion» avec ce groupe de cinq jeunes qui se trouvait près d’une épicerie.
Les avocats du coaccusé avaient plaidé l’acquittement
Selon les enquêteurs, le groupe ciblé aurait eu pour mission de sécuriser ce point de deal disputé depuis plusieurs mois. Mais l’avocat des parties civiles a souligné le fait qu’aucune des deux victimes n’avait de condamnation pour un quelconque trafic de stupéfiants. L’avocate générale avait requis 14 ans de prison contre Lansana Diakhaby, qui accompagnait son ami le jour du meurtre mais nie avoir su qu’il était porteur d’une arme. Ses avocats avaient plaidé l’acquittement.
Certes, Lansana Diakhaby avait des «fréquentations douteuses» dans son quartier de Villejean, et une précédente condamnation avec Diane pour trafic de stupéfiants. Mais «où est la preuve que Diakhaby savait que son ami avait une arme dans la poche» et qu’il comptait s’en servir le 17 mars 2021, a martelé Me William Pineau, fustigeant la vacuité du dossier d’accusation sur ce point.
Lansana Diakhaby, qui n’a jamais été vu en possession de l’arme du crime, a pourtant été reconnu coupable de détention d’arme par la cour. Un troisième accusé était également jugé mais absent du box : Banffa Dramé, 24 ans, est en fuite depuis début 2024 après avoir découpé son bracelet électronique. Mis hors de cause pour le 17 mars, il devait répondre de tentative de meurtre sur un dealer qui avait reçu une balle dans la jambe quatre jours plus tôt, non loin de là. Il a été condamné à huit ans de prison.