L’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne est envisagée dès janvier 2027 dans la dernière version du plan de paix soutenu par les États-Unis pour mettre fin au conflit avec la Russie. Ce scénario d’une adhésion accélérée, jugé « sensible » par des sources proches des négociations, intervient alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky est attendu lundi à Berlin pour des discussions avec ses alliés européens.
Ce qu’il faut retenir ;
-
L’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne dès 2027 figure dans le plan de paix américain présenté ce vendredi 12 décembre 2025, mais reste un sujet de négociation sensible pour les États membres de l’UE.
-
Le plan de paix, amendé à plusieurs reprises, est jugé frustrant par Washington en raison du blocage sur les questions territoriales, notamment le retrait ukrainien de parties de Donetsk en échange du retrait russe de petites zones conquises dans les régions de Soumy, Kharkiv et Dnipropetrovsk.
-
Le président Zelensky est attendu à Berlin le lundi 15 décembre pour des entretiens avec ses alliés européens, tandis que sur le front, l’armée ukrainienne a revendiqué ce vendredi 12 décembre avoir repris plusieurs quartiers de la ville de Koupiansk (région de Kharkiv).
Une annonce qui fait l’effet d’un boum. Ce vendredi 12 décembre 2025, un haut responsable a annoncé qu’une adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne dès 2027 est inscrite dans le plan de paix proposé par les États-Unis.
« C’est stipulé mais c’est un sujet de négociation et les Américains y sont favorables », a affirmé le haut responsable, sous couvert d’anonymat. « C’est (un dossier) sensible pour les Européens« , a-t-il ajouté.
Selon le journal britannique Financial Times, ce point figure dans la dernière mouture des propositions de paix préparées par Ukrainiens et Européens puis présentées aux négociateurs américains.
Une telle adhésion, en à peine plus d’un an, semble peu probable du fait de la possible opposition, entre autres, d’États membres de l’UE aux relations tendues avec l’Ukraine, comme la Hongrie.
Un plan multi-révisé
La version initiale du plan américain, jugé très favorable à Moscou, a été amendée à plusieurs reprises par les belligérants. Les négociations bloquent en particulier sur les questions territoriales, les États-Unis réclamants, assure Kiev, d’importantes concessions à l’Ukraine.
Selon M. Zelensky, Washington veut que les forces ukrainiennes se retirent de la partie de la région de Donetsk (est de l’Ukraine) qu’elles contrôlent encore et qui est censée devenir une « zone économique libre » démilitarisée, sans demander la même chose aux troupes d’occupation.
En échange, l’armée russe se retirerait de toutes petites zones qu’elle a conquises dans les régions de Soumy, Kharkiv et Dnipropetrovsk (nord, nord-est et centre-est) mais conserverait des territoires plus larges dans celles de Kherson et de Zaporijjia (sud).
Le président ukrainien a souligné que, dans tous les cas de figure, une « élection » ou un « référendum » serait nécessaire en Ukraine pour trancher sur les questions territoriales. En attendant, face à la lenteur des négociations, le président américain Donald Trump est « extrêmement frustré par les deux camps », a révélé jeudi sa porte-parole, Karoline Leavitt.
Moscou n’a pas encore vu la nouvelle version du plan
Pour sa part, le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, a déclaré vendredi que Moscou n’avait pas encore vu la nouvelle version du plan américain révisé par Kiev et ses alliés européens. « Il y a beaucoup de choses qui pourraient ne pas nous plaire », a-t-il averti, cité par l’agence de presse TASS.
Zelensky attendu à Berlin
Lundi 15 décembre, Volodymyr Zelensky est attendu en Allemagne, à Berlin pour s’entretenir de nouveaux avec ses alliés européens.
Les discussions pourraient entre autres porter sur l’utilisation de quelque 200 milliards d’actifs russes gelés en Belgique pour financer l’effort de guerre de l’Ukraine et, en partie, sa reconstruction. « Si cela ne devait pas réussir, ce serait assurément un signal désastreux à l’égard de l’Ukraine […], l’Europe échouerait », confie une source diplomatique européenne.
Les Ukrainiens n’ont fait « aucun deal » territorial et n’en « envisagent pas aujourd’hui », a par ailleurs insisté la présidence française, après des déclarations de presse laissant penser que Kiev était ouvert à une démilitarisation de territoires qu’il contrôle encore et que les Russes réclament. »Les Ukrainiens n’ont pas fait de deal sur les territoires, n’envisagent pas aujourd’hui de deal sur les territoires, n’envisagent pas de DMZ (zone démilitarisée) », a insisté un conseiller du président français Emmanuel Macron.
Sur le front
Après de longs mois de reculs face à des troupes russes plus nombreuses, l’armée ukrainienne a revendiqué vendredi 12 décembre une rare avancée. Elle a assuré avoir repris aux Russes plusieurs quartiers de la ville clé de Koupiansk, dans la région de Kharkiv, ainsi que deux autres localités proches.
Volodymyr Zelensky a quant à lui déclaré avoir rendu visite aux soldats ukrainiens dans la zone de Koupiansk et les avoir félicités, dans une vidéo diffusée vendredi dans laquelle on le voit en gilet pare-balles, devant une stèle indiquant « Koupiansk ».
Les forces russes occupent actuellement 20 % du territoire de l’Ukraine, essentiellement dans l’est et le sud.