« Ce n’est pas la première fois que je vis une agression raciste, mais c’est la première fois que c’est d’une extrême violence », témoigne auprès du Progrès  l’étudiante chinoise. Installée depuis quatre ans à Lyon, la victime âgée de 28 ans – qui souhaite rester anonyme – confie avoir déjà été visée par « des insultes envers les Chinois ou les Asiatiques », mais samedi, les insultes sont devenues des coups.

Tard dans la soirée, elle venait de traverser la rue de la Barre, à Lyon 2e, avec l’une de ses amies, également chinoise, quand elle a été, selon son récit, insultée par la passagère d’un véhicule qui venait de s’arrêter. « N… ta mère chinoise ! » aurait-elle lancé. L’étudiante dit s’être alors approchée du véhicule pour lui demander pourquoi elle tenait de tels propos.

Elle affirme que son interlocutrice est sortie du véhicule, l’a giflée et lui a très violemment tiré les cheveux. L’étudiante raconte avoir tenté de la repousser, mais les coups auraient continué. La conductrice aurait tenté de calmer la situation, mais sans succès.

Elles avaient pris la fuite

Voyant que les jeunes femmes allaient prendre la fuite, l’étudiante dit s’être placée devant la voiture, leur demandant d’attendre la police. Selon elle, la conductrice aurait alors accéléré. « D’après mon amie, j’ai heurté le sol de la tête, mais je n’ai que peu de souvenirs de cet instant », poursuit l’étudiante.

La Direction interdépartementale de la police nationale du Rhône (DIPN) nous a confirmé ce lundi que « la victime a reçu des coups et a été transportée à l’hôpital par les sapeurs pompiers », ainsi que l’a rapporté Actu Lyon.

L’étudiante dit souffrir de contusions à l’épaule gauche, de céphalées, d’une perte de sensibilité au niveau de la cuisse droite. Elle aurait une incapacité totale de travail de 8 jours. Ce lundi, elle est retournée aux urgences en raison de palpitations.

Le caractère raciste non retenu

Selon la DIPN du Rhône, « les policiers municipaux ont interpellé une conductrice de 27 ans et sa passagère de 26 ans à la suite de ce différend. Les deux femmes ont été placées en garde à vue. Une composition pénale a été notifiée à la conductrice pour une conduite sous l’empire d’un état alcoolique (+ de 0,70 mg/L d’air expiré). La passagère, défavorablement connue des services de police, s’est vue délivrer une ordonnance pénale contraventionnelle pour les violences volontaires commises sur la victime. »

« C’est une affaire assez grave et triste pour notre société » met en avant l’étudiante chinoise. Si elle a voulu témoigner auprès du Progrès , c’est « pour dénoncer les situations que vivent les Asiatiques, les clichés, les stéréotypes, les harcèlements, les violences ».

Le caractère raciste de l’agression n’a néanmoins pas été retenu.

« Aucune poursuite n’a été engagée pour des violences ou insultes à raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion », précise la DIPN.