L’entraîneur héraultais a fait part de sa « frustration » après le match nul réalisé à Grenoble, ce samedi 13 décembre. Un résultat qui a mis en lumière le manque de « maturité » de cette équipe montpelliéraine qui doit « grandir » avant d’aspirer à mieux.
Comment ressortez-vous de ce match ? Arrivez-vous à être satisfait, malgré tout, de ce point ramené de Grenoble ?
Ce match résume bien notre première partie de saison. On peut un petit peu maintenant faire un bilan, parce que c’est la fin de la première partie. Et c’est souvent de la frustration.
Mais quand il y a de la frustration, c’est aussi parce qu’il y a des manques. Il faut être réaliste. J’ai des jeunes joueurs, des joueurs qui parfois manquent d’expérience dans l’histoire d’un match. Il y a des moments où il faut de la personnalité, il faut jouer. Et d’autres où il faut justement les laisser venir pour pouvoir piquer et faire mal. Mes joueurs manquent encore un peu de maturité à ce niveau-là pour pouvoir amener une alternance dans le match.
Quand il commence à y en avoir 4 ou 5 dans un effectif comme le nôtre, c’est beaucoup trop.
Vous parlez de manque de maturité, mais est-ce qu’il n’y a pas des manques dans votre effectif aussi ? D’où les changements tardifs aujourd’hui ?
Tout est dit dans la question (sourire). Effectivement, je vais répéter quelque chose, mais qui est clair. Regardez la bonne phase qu’on a eue, la bonne série (5 victoires en 6 matches). Prenez l’effectif que j’avais, j’avais à peu près 80 % de mes joueurs à disposition. Dans une saison, tous les entraîneurs aimeraient avoir tout le monde, mais 100 % ça n’existe pas. Il y a toujours des blessures, toujours une ou deux absences. Mais je trouve qu’au-delà de 80 %, quand il commence à y en avoir 4 ou 5 dans un effectif comme le nôtre, c’est beaucoup trop pour pouvoir espérer avoir le même rendu ou avoir le même visage.
Donc forcément, je dois trouver des solutions, il faut que je m’adapte, c’est mon boulot. Voilà, c’est une réalité. Mais encore une fois, c’est dommage, on ramène un point, je pense qu’on pouvait ramener plus.
Sur le but concédé, vous vous découvrez un petit peu, il y a ce centre qui vient de la droite, comment l’expliquer ?
Je ne l’ai pas encore revu, mais il est évident que sur ce jeu long, on laisse à la fois contrôler et on est un peu loin sur le centre. Quand je parle de naïveté, c’est aussi à ce niveau-là. On est encore un peu tendre.
Franck Rizzetto (coach du GF38) : « On aurait pu faire beaucoup plus mal à cette équipe »
« C’est très bien d’être au moins revenu. Et s’il y avait eu un peu plus de justesse, je pense qu’on aurait pu faire beaucoup plus mal à cette équipe de Montpellier. Mais les joueurs ont eu un état d’esprit irréprochable et ils sont revenus. C’était le minimum syndical pour ce match, bravo à eux. Mes retrouvailles avec le MHSC ? Globalement, bien. Ce n’est pas comme si je rencontrais Montpellier la première fois. Mais ça m’a fait plaisir de revoir beaucoup de monde. »
Le bilan de la phase aller, pour résumer, c’est donc frustrant ?
À la fois frustrant, et dans cette reconstruction, il y a des bonnes choses. Quand je vous dis, et j’insiste, ne me parlez pas de montée, ne me parlez pas de troisième place, de quatrième place, parce qu’on est très loin de ça. Mais quand je dis ça, ce n’est pas un manque d’ambition. Et ça ne veut pas dire que si on peut, on va se priver. Mais par rapport à là d’où on vient et ce qu’on essaie de rebâtir, ces étapes, il y a des manques. On les voit. Mais maintenant, ça n’enlève pas l’ambition, la détermination, le côté positif et l’envie de réussir.
Maintenant, on va continuer de travailler. Il nous reste encore un match en Coupe. On va essayer de bien finir cette première partie et d’essayer d’améliorer ces choses et de faire en sorte que cette équipe continue à grandir.
Savanier a fait preuve de malice, d’adresse. J’avais insisté avec lui pour qu’il soit un peu plus dans la surface.
Vous aviez décidé de titulariser Victor Orakpo plutôt que Nicolas Pays. Qu’est-ce qui vous a poussé à ce choix ?
C’est sa capacité à pouvoir garder les ballons et notre côté gauche à nous. Pouvoir s’orienter et jouer combiné, rentrer à l’intérieur. Après, je voulais qu’on ait un peu plus de joueurs dans la surface. Il est naturellement un joueur de pointe. Mais j’avais envie qu’il vienne un peu épauler Alex Mendy et qu’il soit un peu plus proche.
Il a été intéressant, mais on voit encore la tendresse et la jeunesse d’un joueur. J’ai le souvenir d’une action en 1re mi-temps, il rentre à l’intérieur. Et j’ai l’impression d’avoir vu jouer un U18. Mais en même temps, c’est son âge. Il faut vite gagner en maturité. Il faut vite s’améliorer. Mais il a un bon état d’esprit et il fait des choses très intéressantes.
Celui qui n’est pas un U18, c’est Téji Savanier. On a vu encore tout ce qu’il peut réaliser et les situations qu’il peut débloquer sur ce but.
Il a fait preuve de malice, d’adresse. J’avais insisté avec lui pour qu’il soit un peu plus dans la surface. Si mes souvenirs sont bons, ça fait presque deux ans qu’il n’avait pas marqué dans le jeu (3 mai 2024 à Toulouse, NDLR). S’il n’y rentre pas, il amoindrit encore ses chances de marquer. Il le fait plus, il amène des courses et il est à juste titre récompensé.