Par

Julian Doubax

Publié le

14 déc. 2025 à 6h54

C’est une vente qui ne passe pas. À Tresses, ville d’environ 5 000 âmes à l’est de Bordeaux, la mairie a pris la décision de vendre des biens communaux au bailleur social Gironde Habitat. Le presbytère, bâtiment emblématique du 19ème siècle, se trouve dans le lot alors qu’il a été rénové récemment avec de l’argent public et des dons. Une « trahison morale » pour l’opposition qui dénonce cette transaction et veut tenter de l’empêcher.

Une transformation en logements sociaux

La nouvelle a été apprise en conseil municipal début octobre. Cette vente concerne 15 logements et local commercial dont trois appartements se situant dans le presbytère. Même si les salles paroissiales restent communales, l’opposition ne décolère pas.

« Vendre des appartements à un bailleur, il n’y a pas de problème mais le presbytère est un bâtiment emblématique pour les Tressois et Tressoises qui a été acquis via des donations. On a la sensation qu’on vend des bijoux de famille », fustige Dominique Lacour, élu d’opposition qui a lancé une pétition pour s’opposer à ce projet.

La frustration est encore plus grande car l’édifice religieux a été rénové en 2019 grâce à de l’argent public et des dons de paroissiens. Plus de 150 000 euros de subventions venant de la Région, du Département, de communes voisines ou de fondations ainsi que 25 000 euros de 160 fidèles ont permis de le restaurer entièrement pour un montant total de 395 958 euros.

Pourtant, six ans plus tard, cette maison curiale est en passe d’être cédée pour 429 000 euros. « Vendre un bâtiment dans un excellent état à ce prix-là, c’est presque une vente à perte. Puis des gens ont payé pour le restaurer. Ils se sentent floués et c’est un scandale », souffle Axelle Balguerie, également élue d’opposition à Tresses qui pointe du doigt le cas de la maison Della Libera.

Cette bâtisse avait été transformée en deux logements distincts en 2023 pour 361 000 euros mais Gironde Habitat pourrait l’acquérir pour 345 000 euros. « Comment peut-on vendre ce bien moins cher que le prix des travaux ? La municipalité explique que les loyers perçus compensent le déficit mais cela ne suffit pas. »

Une commune aux finances saines

Du côté de l’opposition, les élus se questionnent sur l’intérêt de cette transaction. « La municipalité se vante d’être en bonne santé financière », assure Axelle Balguerie. Si nous étions endettés et que les bâtiments étaient délabrés, je pourrais comprendre mais là ce n’est pas le cas. »

Votre région, votre actu !

Recevez chaque jour les infos qui comptent pour vous.

S’incrire

La mairie de Tresses défend un choix « guidé par la responsabilité financière » dans un contexte de « baisse de donations et subventions ». Cette vente, constituant une « opération positive », va permettre de soutenir des « investissements d’intérêt général » comme la création pôle éducatif, des aménagements cyclables et la réhabilitation du patrimoine communal.

Une justification qui n’est pas forcément au goût de l’opposition. « Créer un pôle scolaire alors qu’une école vient d’être construite et que toutes les classes ne sont pas remplies », s’interroge Axelle Balguerie.

Prochainement, un recours gracieux va être déposé devant la mairie de Tresses pour échapper la vente du presbytère. « Toute une communauté catholique de la ville et des alentours tient à cet édifice. Si on ne peut pas arrêter toutes ces transactions, essayons au moins de stopper celle-ci. »

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.