Un cosmonaute russe écarté du vol Crew 12 à la dernière minute. Soupçonné d’avoir photographié des documents secrets de SpaceX, il est accusé d’une grave violation des règles de sécurité américaines.

L’actualité spatiale récente, centrée autour du prochain vol Crew 12 vers la Station Spatiale Internationale (ISS), a été secouée par une affaire de sécurité inattendue. L’astronaute française Sophie Adenot, qui s’est rendue au CADMOS (Centre d’aide au développement des activités en micropesanteur et des opérations spatiales) à Toulouse, avait confirmé que le décollage était prévu au plus tôt le 15 février prochain, à bord d’une capsule Crew Dragon de SpaceX. Or, le 2 décembre, l’agence spatiale russe Roscosmos a brusquement annoncé que le cosmonaute Oleg Artemiev, un membre de l’équipage, était muté à un autre poste.

OLEG ARTEMIEV, UN ESPION RUSSE ?

Ce changement inattendu, si près de la date de départ, a soulevé de vives interrogations. Selon le média russe indépendant The Insider, la raison derrière l’écartement d’Artemiev est liée au non-respect des règles américaines appelées ITAR. L’ITAR, pour International Traffic in Arms Regulations, est un ensemble de réglementations qui vise à restreindre la diffusion d’informations sensibles afin de garantir la sécurité des États-Unis. L’astronaute russe aurait notamment pris des photos de documents confidentiels de la firme SpaceX, et même des propulseurs du vaisseau, selon les allégations.

L’affaire est particulièrement délicate, car Oleg Artemiev est un astronaute de grande expérience, totalisant 560 jours dans l’espace après trois missions, et il est également député élu de la Douma, l’Assemblée de Fédération de Russie. Le retrait d’une personne aussi qualifiée, ayant suivi la quasi-totalité de l’entraînement, met à la fois Roscosmos et la NASA dans l’embarras.

QUI POUR LE REMPLACER ?

Pour pallier cette perte, Roscosmos a choisi Andrey Fedayev comme remplaçant. Bien que Fedayev n’ait volé qu’une seule fois vers l’ISS, cette mission récente (en 2023) s’est déroulée à bord d’une capsule Crew Dragon de SpaceX. Ce choix assure qu’il maîtrise encore très bien les procédures spécifiques à ce vaisseau américain. Ce n’est pas la première fois qu’un tel événement se produit : en 2008, l’agence russe avait remplacé l’astronaute sud-coréen Ko San pour avoir enfreint des protocoles de sécurité sur des documents lors de son entraînement.

Plus d’infos par Olivier Sanguy de La Cité de l’Espace.