Étaient-ils “des romantiques, des terroristes ou bien des réformateurs de la Russie” ? C’est la question que posait à sa une le quotidien gouvernemental Rossiïskaïa Gazeta le 11 décembre. L’ancien ministre de la Culture, Vladimir Medinski – aujourd’hui conseiller du président Poutine –, y apparaît dans un cabinet suranné à demi assis sur un bureau, tel un professeur donnant une conférence. Sur un fait historique qui, deux cents ans plus tard, continue de nourrir les controverses.

Le journal y consacre un dossier dans lequel historiens et écrivains sont invités à livrer leur interprétation. Vladimir Medinski, auteur du nouveau manuel d’histoire destiné aux lycéens russes, décline quant à lui tout jugement tranché. “Il convient de tirer les leçons de l’histoire et de s’efforcer de comprendre la logique et les motivations de nos ancêtres dans une situation où, des deux côtés des barricades, se trouvaient des personnes qui aspiraient sincèrement au bien de leur patrie.” Un discours consensuel conforme à l’approche historique de Vladimir Poutine, soucieuse de valoriser l’unité nationale.

“Une éducation occidentale”

À l’occasion du 200e anniversaire de ce coup d’État manqué, c’est le ministre de la Justice, Konstantin Tchouïtchenko, qui a condamné publiquement l’initiative des officie